Alors que la France s’est engagée à mettre fin à l’exploitation des animaux sauvages dans les cirques itinérants, des lionceaux continuent pourtant de naître sous les chapiteaux. Une situation qui interroge : comment de telles naissances sont-elles encore possibles alors que la reproduction est interdite depuis décembre 2023 ?
La loi du 30 novembre 2021 est pourtant claire. Depuis le 1er décembre 2023, les cirques itinérants n’ont plus le droit de faire reproduire des animaux d’espèces non domestiques destinés à être présentés au public. Cette mesure devait empêcher la naissance de nouveaux animaux condamnés à une vie de captivité et préparer la fin définitive de la présence des animaux sauvages dans les cirques à l’horizon 2028.
Pourtant, sur le terrain, les naissances se poursuivent. Depuis l’entrée en vigueur de cette interdiction, plusieurs dizaines de lionceaux et de tigreaux ont été recensés dans différents cirques itinérants. Chaque nouvelle naissance va à l’encontre de l’objectif fixé par le législateur : mettre un terme au renouvellement des animaux exploités dans ces spectacles.
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Photo credit : Enquête Code animal
Une interdiction réelle, mais sans sanctions publiées
Le Gouvernement a reconnu lui-même le problème dans une réponse officielle à une question parlementaire. La reproduction est bien interdite, mais les sanctions pénales spécifiques qui devaient accompagner cette interdiction n’ont toujours pas été publiées. Le décret d’application attendu par les associations de protection animale manque encore à l’appel.
En pratique, cela crée une situation paradoxale : un cirque peut être en contradiction avec la loi en faisant naître des lionceaux, alors même que les outils de sanction restent insuffisants ou inachevés. Les autorités disposent essentiellement de procédures administratives, souvent longues et difficiles à mettre en œuvre pour des établissements itinérants.
Photo credit : Enquête Code animal
Code animal dénonce une loi privée de son efficacité
Face à cette situation, l’association Code animal mène un combat actif pour que le ministère de la Transition écologique publie enfin les sanctions prévues par la loi. L’association estime que l’absence de décret vide l’interdiction d’une grande partie de son efficacité et permet la poursuite de pratiques que le Parlement avait pourtant voulu stopper.
Dans son analyse publiée après la réponse gouvernementale, Code animal demande explicitement au ministère de prendre ses responsabilités et de rendre enfin applicables les sanctions pénales attendues depuis plus de deux ans. L’association rappelle que sans mesures coercitives, l’interdiction de la reproduction risque de rester largement théorique.
Je soutiens les actions de code animalChaque naissance prolonge la captivité
Au-delà du débat juridique, ces naissances ont des conséquences très concrètes. Chaque lionceau né aujourd’hui devra être pris en charge pendant de nombreuses années, alors que la France prépare la fin des spectacles itinérants avec animaux sauvages. Les sanctuaires et structures d’accueil devront absorber ces nouveaux animaux, avec des coûts importants et des capacités limitées.
Pour les défenseurs de la cause animale, il ne s’agit pas seulement d’un problème administratif : chaque naissance représente un animal supplémentaire destiné à vivre en captivité dans un système que la loi française a précisément choisi d’abandonner.
Photo credit : Enquête Code animal
Une question de crédibilité pour l’État
L’objectif du législateur était clair : empêcher que de nouveaux lions, tigres ou autres animaux sauvages soient condamnés à une vie de spectacles itinérants. Aujourd’hui, la reproduction de ces animaux dans les cirques est bien interdite par la loi.
Ce qui manque, ce n’est plus l’interdiction. Ce sont les sanctions permettant de la faire respecter réellement.
Tant que le ministère ne publiera pas le décret attendu, de nouveaux lionceaux pourront continuer à naître en contradiction avec l’esprit de la loi. Et c’est précisément contre cette situation que Code animal affirme se battre aujourd’hui : pour que l’interdiction ne soit plus seulement écrite dans les textes, mais enfin appliquée dans les faits.
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