L’axolotl, un animal mystérieux

L’Axolotl (Ambystoma mexicanum) est une espèce de salamandre quelque peu surprenante. Elle a la capacité de régénérer toutes les parties de son corps (œil, cerveau, membres etc.). Il s’agit aussi d’une espèce néoténique : cela signifie que la métamorphose n’est pas commune en règle générale au sein de cette espèce, mais qu’elle peut se produire sous l’effet de certaines conditions (naturelles ou expérimentales). Les individus peuvent donc ne jamais grandir et rester sous forme larvaire, mais tout de même se reproduire.

Leur maturité sexuelle est atteinte à partir d’un an. Dans leur milieu naturel, l’axolotl se reproduit au printemps. La femelle pond entre 100 et 1500 œufs. L’éclosion a lieu environ 14 jours après la ponte. Les larves d’axolotl sont cannibales dès leur éclosion. Les Axolotls se nourrissent de vers, d’insectes mais aussi de petits poissons.

L’Axolotl est originaire des lacs froids des hauts plateaux du Mexique. A l’état sauvage, on ne peut le trouver que dans le lac Xochimilco, au Mexique. Les aztèques le prénommait autrefois « Monstre d’eau » et les considéraient comme une manifestation du dieu Xolotl. On raconte même que l’axolotl était « un dieu qui devait être sacrifié par ses frères, pour donner vie à un nouveau cycle. Il a refusé d’être sacrifié, il s’est enfui et s’est caché dans les champs de maïs. C’est de là qu’il aurait hérité de ses branchies en forme de crête. Il aurait ensuite décidé de se jeter dans le canal.

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Qu’est-ce que l’Axolotl albinos ? 

Il existe trois principales formes d’axolotls : (1) la forme commune dite « sauvage » de couleur grise, noire, brune ou bleutée ; (2) la forme leucistique issue des grottes et des lacs souterrains : yeux bleu noir et corps blanc et (3) la forme albinos ou « captive » : yeux rouges et peau blanche.

Cette dernière fut créée par un laboratoire américain dans les années 1950 à l’issue de croisement avec une salamandre tigre albinos. La plupart des axolotls vendus en animalerie descendent de spécimens utilisés pour la recherche car leur capture en milieu naturel est interdit.

C’est en 1863 que les premiers axolotls ont été introduits en Europe. Installés au Muséum d’Histoire naturelle par le professeur Auguste Duméril, 34 animaux (dont un blanc) provenant du lac Xochimilco ont constitué une première colonie à partir de laquelle ont diffusé d’autres élevages. C’est à partir de cette colonie initiale qu’a été créée une race blanche d’Axolotl.

Depuis l’Arrêté du 11 août 2006 fixant la liste des espèces, races et variétés d’animaux domestiques, L’axolotl albinos est considéré comme une espèce domestique. 

Que ce soit des études ayant pour but de lutter contre l’infertilité chez l’homme, pour lutter contre différents types de cancers ou encore de comprendre pourquoi et comment les axolotls sont capables de régénérer des organes entiers en quelques mois et ont très grande tolérance aux greffes, ils sont de ce fait les cibles privilégies des laboratoires.

Entre la consanguinité et les efforts de croisement de l’axolotl avec la salamandre tigrée pour introduire une certaine diversité génétique, le “stock” est également très différente des populations sauvages ; non seulement leurs génomes sont différents, mais ils sont domestiqués et adaptés à l’homme. Des créations de l’humain en un sens. Au dépit des animaux ? Le stress chez les axolotls est très présent en captivité. C’est une espèce qui a besoin d’énormément de cachettes (pierres, plantes, etc.), d’une faible intensité lumineuse ainsi que d’un courant quasiment nul.

En ce qui concerne les particuliers, l’enregistrement et l’identification des Axolotls de couleur non Albinos (blanc et doré) est obligatoire.

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Et sous sa forme sauvage ?

Ambystoma mexicanum reste aujourd’hui protégé par la convention sur le commerce international des espèces de la faune et de la flore sauvage menacées d’extinction (CITES). Elle le considère comme espèce vulnérable, le classant en Annexe II depuis le 1er Juillet 1975. De son côté, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) classe l’espèce comme « en danger critique d’extinction » depuis 2006. Elle est inscrite dans sa liste rouge des espèces menacées, statut précédent celui de « éteint en milieu naturel ».

Victimes du réchauffement climatiques, leur milieu de vie sauvage se réduit maintenant à ~ 10 km². La raison de sa disparition ? Une eau de mauvaise qualité, polluée par des pesticides et des déchets, mais aussi l’introduction de poissons qui modifient l’équilibre de l’écosystème du lac. Actuellement, des projets sont menés pour préserver l’habitat de l’axolotl, en incitant les agriculteurs locaux à abandonner les pesticides.

En 2009, les experts ont estimé que la population d’axolotl avait chuté de 90 % au cours des quatre dernières années, un déclin encore exacerbé par l’urbanisation. En 2015, les scientifiques ont cru brièvement que la créature pourrait avoir complètement disparu dans la nature, pour en retrouver une quelques semaines plus tard.

L’un des points positifs est l’intérêt scientifique grandissant pour cette espèce animale. Qui sait ? Cet engouement pourrait pousser les autorités et la population locales à prendre de nouvelles initiatives en terme de projet de conservation.

Renaldo G

Photo crédit : Wikipedia

Sources :

https://www.universalis.fr/encyclopedie/neotenie/2-la-neotenie-chez-les-batraciens/

Duméril, A.H.A. 1870. Création d’une race blanche d’Axolotl à la ménagerie des reptiles du Muséum d’Histoire naturelle, et remarques sur la transformation de ces batraciens. C. R. Acad. Sci. Paris, 70, 7823-785.

https://www.smithsonianmag.com/science-nature/saving-paradoxical-axolotl-180967734/