Vers un horizon sans harpons : Pourquoi Code animal rejoint la coalition mondiale contre la chasse à la baleine

Le calendrier écologique de l’année 2026 est marqué par une coïncidence symbolique forte : nous célébrons simultanément le 80ème anniversaire de la Commission Baleinière Internationale et les 40 ans du moratoire mondial qui était censé mettre un terme définitif à l’ère de la chasse commerciale. Pour beaucoup, ce combat appartient au passé, rangé au rayon des victoires environnementales du XXe siècle. Pourtant, derrière cette façade de protection internationale, la réalité des océans est bien plus complexe et, par certains aspects, tragique. C’est pour affronter cette réalité que Code animal a choisi de s’unir officiellement à la coalition End Commercial Whaling.

Un héritage de protection fragile

Pour comprendre l’urgence actuelle, il faut revenir à l’esprit de 1986. À cette époque, la communauté internationale avait pris une décision historique : suspendre la chasse commerciale pour permettre aux populations de baleines, alors au bord de l’effondrement, de se régénérer. Ce moratoire est l’un des traités de conservation les plus réussis de l’histoire.

Cependant, cette victoire n’a jamais été totale. Trois nations (la Norvège, l’Islande et le Japon) ont persisté, utilisant des subtilités juridiques, des réserves diplomatiques ou des programmes de « chasse scientifique » pour continuer à harponner des centaines de cétacés chaque année.

En 2026, cette persistance n’est plus seulement un anachronisme, c’est une provocation face à l’effondrement de la biodiversité marine.

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La baleine, pilier invisible de notre climat

L’enjeu de cette lutte dépasse largement la question, pourtant essentielle, de la souffrance animale. Aujourd’hui, les scientifiques ont démontré que la baleine est une alliée indispensable dans notre lutte contre le dérèglement climatique. Par ses cycles de vie, elle agit comme un véritable ingénieur de l’écosystème. En se nourrissant en profondeur et en rejetant des nutriments à la surface, elle fertilise le phytoplancton, ces minuscules algues qui captent plus de CO2 que toutes les forêts terrestres réunies.

De plus, une baleine stocke tout au long de sa vie des quantités massives de carbone dans son corps ; lorsqu’elle meurt naturellement, ce carbone est séquestré au fond des abysses pour des siècles.

Tuer une baleine aujourd’hui, c’est donc détruire un mécanisme naturel de régulation du climat dont nous avons désespérément besoin.

Une cruauté que la technologie ne peut atténuer

Sur le plan éthique, le problème reste entier. Malgré les avancées technologiques, il n’existe aucune méthode permettant de garantir une mort instantanée pour ces géants des mers. Les harpons à pointe explosive causent des blessures dévastatrices, entraînant souvent une agonie prolongée qui peut durer plus d’une demi-heure dans des eaux glaciales.

Cette souffrance est d’autant plus inacceptable que la demande pour la viande de baleine est en chute libre, même dans les pays chasseurs, où l’industrie ne survit souvent que grâce à des perfusions de subventions publiques. Nous nous trouvons face à une exploitation commerciale qui n’a plus de justification économique réelle, mais qui perdure par inertie politique ou fierté nationale.

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2026 : L’année de la dernière chance diplomatique

L’adhésion de notre organisation à la coalition menée par l’EIA, WDC, IFAW, ESPA et Pro Wildlife s’inscrit dans un agenda précis. En septembre 2026, la 70ème réunion de la Commission Baleinière Internationale (CBI70) représentera un moment de vérité.

Cette réunion représente bien plus qu’un simple rendez-vous diplomatique : c’est l’instance décisionnelle suprême où les nations membres votent les quotas de chasse et les zones de protection. En cette année anniversaire, ce sommet sera le théâtre d’une confrontation décisive entre les pays protecteurs et les dernières nations baleinières, faisant de cet événement le pivot central pour obtenir, enfin, une interdiction totale et sans échappatoire.

Notre objectif, au sein de ce collectif, est de transformer l’indignation citoyenne en une pression diplomatique irrésistible. Nous voulons que les gouvernements chasseurs comprennent que le coût diplomatique et symbolique de leurs activités dépasse désormais largement les maigres profits de leurs flottes baleinières.

En rejoignant cette coalition inclusive et ouverte, nous mettons nos ressources et notre voix au service d’une ambition claire : faire en sorte que le 40ème anniversaire du moratoire soit le dernier que nous célébrons alors que des harpons sont encore armés.

Nous invitons chacun d’entre vous à découvrir le travail de la coalition sur leur plateforme dédiée, à signer la pétition mondiale et à utiliser les outils de sensibilisation disponibles.

Le combat pour les baleines est le combat pour la santé de nos océans, et donc pour notre propre avenir. Il est temps de clore ce chapitre de l’histoire industrielle et de laisser enfin les géants des mers en paix.

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