L’association Pangea Trust a créé un sanctuaire de 400 hectares au Portugal offrant ainsi une solution concrète pour les éléphants d’ Europe issus de cirques ou de zoos .
Fondée au Royaume-Uni en 2017 et officiellement établie au Portugal en 2022, cette organisation caritative indépendante, soutenue par de grandes fondations internationales comme Born Free, World Animal Protection, Olsen Animal TrusT notamment, répond à une urgence de bien-être animal sans précédent sur le continent.
Un besoin urgent face à la fin des animaux de cirque
Actuellement, plus de 600 éléphants vivent encore en captivité à travers l’Europe. Alors que la majorité des États membres de l’Union européenne interdisent désormais l’usage des animaux sauvages dans les spectacles itinérants, les zoos et les cirques qui souhaitent entamer une transition font face à une absence totale de structures de replacement. Face à cette impasse, les autorités restaient jusqu’alors impuissantes pour faire appliquer les lois de protection et ordonner des saisies, faute de refuge adapté.
Pour rompre ce cercle vicieux, Pangea Trust a fait l’acquisition d’un immense domaine dans la région de l’Alentejo, au Portugal. Ce site s’inspire des centres de réhabilitation d’Asie et d’Afrique. Les animaux peuvent y marcher, chercher leur nourriture dans un cadre sécurisé et en semi-liberté .
Ils pourront recréer des liens avec leurs congénères qui viendront les rejoindre au fil du temps.
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Julie : L’arrivée historique de la première résidente
Le projet est officiellement devenu une réalité le 30 juin 2026, le jour où le sanctuaire a accueilli sa toute première pensionnaire : Julie, une éléphante d’Afrique d’une quarantaine d’années.
Capturée très jeune dans la nature, Julie a passé près de 36 ans de sa vie dans le cirque portugais Víctor Hugo Cardinali. Suite à l’interdiction de ces spectacles et grâce à un accord volontaire avec ses anciens propriétaires, elle a pu être transférée en toute sécurité. Après des décennies passées sur le béton des camions et des pistes, Julie a pu savourer dès ses premières heures au sanctuaire son premier bain de boue et de poussière en liberté, symbolisant la fin définitive de la présence d’animaux sauvages dans les cirques du Portugal.
Photo credit : Pangea Trust
Kariba : L’appel d’urgence pour briser la solitude de la deuxième éléphante
Julie semble s’être parfaitement adaptée à sa nouvelle vie, mais les éléphants étant des animaux profondément sociaux, ils ont besoin de leurs semblables. C’est là qu’intervient le prochain défi de l’association : le sauvetage de Kariba.
Kariba est une éléphante du même âge que Julie. Capturée éléphanteau au Zimbabwe dans les années 1980, elle a d’abord été détenue dans un cirque, puis elle a passé pratiquement quatre décennies dans différents zoos européens.
Elle vit actuellement isolée dans un zoo en Belgique, le Pakawi Park, depuis le décès en 2022 de sa dernière compagne d’infortune .
Grâce à une collaboration tripartite entre le parc, l’association Gaïa et le Pangea Trust, elle devrait bientôt aller rejoindre Julie au Portugal, pour goûter une retraite bien méritée.
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Point sur les cirques en Europe
C’est fin 2018 que le Portugal a voté l’interdiction des animaux sauvages dans les cirques, soit 3 ans avant la France.
En Europe, seuls deux pays n’ont pas encore légiféré nationalement pour une interdiction de l’utilisation des animaux sauvages dans les cirques:
En Allemagne : Il n’existe pas d’interdiction fédérale au niveau national, même si plus de 90 villes et municipalités ont pris des arrêtés locaux interdisant l’installation de cirques avec des animaux sauvages sur leurs terrains communaux.
En Suisse : La législation fédérale sur la protection des animaux autorise en principe les cirques à présenter toutes sortes d’espèces sous chapiteau, à condition de respecter des normes minimales de détention.
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