Fermons le zoo de la Pépinière de Nancy

Le parc de la Pépinière 

L’histoire du parc de la Pépinière est ancienne. Selon la plateforme gouvernementale POP, « après la disparition du Potager Royal en 1751, la création d’une pépinière pour la Lorraine paraît cruciale à l’administration de Leszczynsky Stanislas, duc de Lorraine. Après une première tentative, qui échoue rapidement, l’Intendant de Lorraine et du Barrois Antoine-Chaumont de la Galaizière reprend en main le projet. Un arrêté du Conseil Royal du 26 avril 1765 décide de sa construction sur des terrains directement à l’est de la place de la Carrière, cédés par le domaine royal, rachetés à des particuliers et cédés par la ville à condition que la Pépinière soit ouverte aux Nancéiens pour leur servir de promenade publique. [La pépinière devait fournir des arbres pour les routes et les constructions lorraines].

Après la Révolution, de nombreuses fêtes patriotiques ont lieu à la Pépinière. Au début du 19e siècle, l’Etat et le département, qui ont succédé au droit du duché, se désintéressent de la Pépinière en convertissant une partie de ses carreaux en pelouse.

En 1840, elle est transformée en jardin régulier dit à la française aux allées régulières bordées d’arbres de hautes futaies encadrant des carreaux en pelouse. La ville embellit et agrémente alors son nouveau jardin en y ajoutant des bancs, un kiosque à musique, un jardin à l’anglaise, une roseraie, un jardin zoologique et des statues (étudiées dans la base Palissy), ainsi qu’un débit de boissons dit buvette (disparu).

En 1937, un auditorium (ou théâtre de jardin) est créé afin d’agrandir la capacité d’accueil de la Pépinière pour les concerts. Un an plus tard, un terrain de basket et le stade Maurice de Vienne sont installés en bas du parc. Il est remplacé par le gymnase Maurice Jacquet dès 1965, qui devient en 1969 le stade Marcel Cerdan.

Un arrêté du 17 septembre 1947 inscrit le parc de la Pépinière à l’inventaire des sites pittoresques de Meurthe-et-Moselle pour ses plantations, arbres, jardins, allées, pièces d’eau, pour son entrée de la place Stanislas et sa terrasse. »

Photo Crédit : Wikipédia

Le zoo

Selon l’Est Républicain, « les premiers animaux arrivent à la Pépinière en 1889, quand le général Brice offrit des oiseaux sauvages à la ville. C’est à cette époque qu’une grande volière exotique est inaugurée. Le zoo s’est ainsi développé jusque dans les années 1970. En 1982, la ville de Karlsruhe offrait un ours et des macaques. »

En 1984, la mairie instaure une nouvelle formule et décide de créer une petite ferme, 2 millions de francs débloqués par la ville pour faire des travaux pour l’espace animalier (refaire les rues piétonnes et les espaces pour animaux).

Selon Actu Lorraine, les années 2000 sont synonymes d’une nouvelle évolution dans le zoo : « Exit les animaux sauvages et place aux espèces européennes et locales. Parmi elles la chèvre de Lorraine, le mouton d’Ouessant, des lapins, des cygnes, des paons ou encore des canards. »

Aujourd’hui, sur près de deux hectares, près de 200 animaux appartenant à quarante espèces différentes, domestiques ou sauvages, exotiques ou locales sont détenus dans ce zoo. Lapins (réinscrire une race de lapins dans la liste des races officiel), ânes, chèvres de Lorraine, moutons d’Ouessant, mouflons de Corse, daims, macaques de Java mais aussi paons, pigeons, canards, oies et cygnes.

Selon l’Est Républicain, le budget de fonctionnement de ce zoo serait de 25 000 € par an. La moitié de cette somme est consacrée à l’alimentation et le quart aux soins vétérinaires.

Photo Crédit : Code Animal 2019

Petit historique de certains animaux 

Ours 

Le zoo a détenu deux ours : Cora et Stanislas qui sont morts empoisonnés en 2000. On apprend dans un article du Parisien que le vétérinaire de l’époque avait diagnostiqué une intoxication mortelle avec des branches d’if frais, arbuste d’ornement à la sève toxique. Ces végétaux existent dans le parc, mais sont plantés très loin de la fosse aux ours.

Mona (femelle de 37 ans en 2004) et Oscar (son fils âgé de 29 ans en 2004), 2 autres ours détenus au zoo ont été transférés au Refuge de l’Arche à Château-Gontier (53) en 2004. Ils évoluaient dans une fosse à ours, hautement à la mode à l’époque, de 15 mètres sur 5m.

Photo crédit : Blog “Notre Lorraine”

Chimpanzé

La ville de Nancy a également créé une célébrité autour du chimpanzé Jojo. Individu né au Centrafrique en 1951. Il a été donné au zoo par un député qui l’avait reçu en cadeau avec une autre femelle, Catherine, qui n’a pas survécu à « l’acclimatation ». Elle meurt d’une infection respiratoire. Il était une star malgré lui et est mort en 2012, faisant ainsi couler de l’encre dans les médias – sans jamais remettre en cause sa captivité et la souffrance qui en a découlée. Il sera naturalisé dans le musée de la ville pour continuer d’être exposé au public.

D’autres individus se succèdent : Judith et Mambo (1995) et Victor (1998). Judith mourra empoisonnée par de l’if en 2003.

Le primate Victor (24 ans à l’époque) quitte sa cage en 2006 pour le sanctuaire de chimpanzés en Espagne. Il a été vendu en Afrique pour 50 francs à des particuliers parisiens qui le ramènent en France en manque d’exotisme. Ils s’en débarrassent rapidement et Victor est de nouveau détenu chez un particulier, Babette Delaye à Neuilly pendant près de 20 ans. Il s’échappe et erre dans la ville pendant une demi-journée et mort quelqu’un. Les autorités décident de le tuer quand la mairie se propose de le recueillir.

Photos crédit : Est Républicain / blog 123 Catherine

Les singes & les actions de Code Animal

Selon conversation téléphonique avec Loïc Delagneau de 2019 :

Les macaques de Java sont arrivés après les travaux de 1984. À l’heure actuelle, il y a 8 macaques : 3 femelles (la plus vielle 23 ans) et 5 males (le plus jeune 9 ans) dont l’état de santé est jugé bon pour les vétérinaires. Il y a deux groupes de singes. Un premier groupe social établis et deux mâles qui sont isolés car socialement avec les autres cela n’allait pas, il y avait des conflits.

Pourquoi Code Animal se focalise sur ce zoo en particulier ?

  1. Infrastructures pas adaptées pour des singes
  2. La gestion des macaques compliqué, encore plus du fait qu’il y a deux singes isolés.

Après des signalements de la part de citoyens de la ville, Code Animal a placé les singes sur liste d’attente pour un sauvetage depuis 2016-2017 ans. Relancé en 2019, AAP notre partenaire nous dit que la situation n’est pas urgente car il n’y a pas de fermeture administrative du zoo. Lorsque la mairie prononcera la fermeture définitive, il y aura la possibilité d’accélérer la procédure.

La mairie essaie également de placer les animaux dans des structures d’accueil, sans résultats pour le moment. « Nous avons sollicité tous les zoos mais aucun n’a, pour l’heure, accepté de les recueillir ».

Ils viennent du Zoo de Bâle, ensuite ce sont des reproductions. Les animaux se reproduiraient facilement dans le parc. Ils sont aujourd’hui tous stérilisés afin d’éviter de nouvelles naissances.

Photo Crédit : Flickr

Point infos animaux libres

Dans la nature, les macaques de Java peuplent les forêts primaires ou secondaires et les forêts riveraines ou mangroves. On les trouve en Asie du Sud-est, de l’Indochine aux Philippines, et en Inde. Ils sont essentiellement arboricoles. Les Macaques de Java sont omnivores. Ils se nourrissent de fruits (70%) et également d’insectes et de crustacés (30%). Les macaques ont des abajoues pour emmagasiner de la nourriture et ensuite manger loin de leurs concurrents.

Photo Crédit : Code Animal 2019

Les actions 2020 avec la nouvelle municipalité verte.

En mai 2020, Mathieu Klein est élu à la mairie de Nancy et nomme Dahman Richter, conseiller municipal délégué au bien-être et aux droits des animaux et à la diversité..

Actu Lorraine cite le maire pendant sa campagne « la question du bien-être animal pose le problème des animaux sauvages encore présents à la Pépinière et dont il faut remette en question la captivité »

Depuis, nous sommes en contact avec Dahman Richter et Loïc Delagneaux, chef du service biodiversité urbaine sur ce sujet. Avec notre partenaire la Fondation 30 Millions d’Amis, nous avons pu trouver potentiellement des places chez un de nos partenaires en Belgique pour recueillir le groupe de singes et les autres animaux du parc.

Lors d’un entretien Skype avec Dahman Richter en août dernier, nous avons pu régler les modalités de ces sauvetages.

Au conseil municipal du 02/11, la convention entre 30 Millions d’amis, Code animal et la mairie de Nancy sera discutée.

Si elle est approuvée par le conseil, nous aurons enfin l’occasion de prendre en charge les animaux et faire les sauvetages !

Photo Crédit : “Le blog d’Emiline”

Le conseil municipal & la victoire

Mise à jour 03/11/2020

La convention est donc votée à l’unanimité ! Nancy n’exposera plus d’animaux sauvages au zoo de la Pépinière. C’est à notre connaissance une première en France.

Code Animal et la Fondation 30 Millions d’Amis travailleront donc enfin au replacement des derniers animaux sauvages présents au zoo. Nous avons pour le moment des pistes en Belgique et sommes en train de travailler avec les administrations françaises, belges et de Nancy pour régler la situation.

 

Alexandra Morette

Sources

Est Républicain

Actu Lorraine

Est Républicain