COP15 et convention sur la diversité biologique (CDB) à Kunming en Chine

C’est quoi la convention sur la diversité biologique (CDB) ?

La convention sur la diversité biologique a été adoptée le 5 juin 1992 lors du sommet de la Terre à Rio (Brésil). Elle est entrée en vigueur le 29 décembre 1993 et signée par 196 Etats et l’Union européenne (197 Parties). L’organe directeur de la Convention sur la Diversité Biologique est la Conférence des Parties (COP). Cette instance supérieure est composée de tous les gouvernements qui ont ratifié le traité (les Parties) et se réunit tous les deux ans pour examiner les progrès accomplis, établir des priorités et décider de plans de travail.

La Convention sur la Diversité biologique (CDB) a trois objectifs : « la conservation de la diversité biologique », « l’utilisation durable de la diversité biologique » et « le partage juste et équitable des avantages découlant de l’utilisation des ressources génétiques ».

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Quels enjeux ?

Comme le rappel l’Obs : « Un million d’espèces animales et végétales, soit plus d’une sur huit, sont menacées d’extinction mondiale, alertait en 2019 l’IPBES, la plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques. 40 % des espèces d’amphibiens, 33 % des récifs coralliens et un tiers des mammifères marins sont menacés d’extinction, indique le rapport auquel ont contribué 450 experts internationaux. Au cours des cinq dernières décennies, la biomasse des animaux sauvages a diminué de 82 %. 75 % du milieu terrestre est aujourd’hui « sévèrement altéré » par les activités humaines. Et le taux actuel d’extinction des espèces est 10 à 100 fois supérieur à la moyenne des dix derniers millions d’années. »

 

La COP15 ?

En 2010, à Aichi au Japon, les Etats s’étaient fixés vingt objectifs pour sauvegarder la diversité biologique et réduire les pressions humaines à horizon 2020. Pourtant, à l’heure actuelle, aucun de ces objectifs n’a été entièrement rempli.

Selon le site dédié du Gouvernement, cet été, le Secrétariat a publié la première ébauche d’un nouveau cadre mondial pour la biodiversité, pour guider les actions dans le monde entier jusqu’en 2030, pour préserver et protéger la nature et ses services essentiels aux personnes.
Le cadre comprend 21 objectifs et 10 étapes proposées pour 2030, en vue de vivre en harmonie avec la nature d’ici 2050. Ces principaux objectifs comprennent :

  • veuillez à ce qu’au moins 30% des zones terrestres et maritimes dans le monde (en particulier dans les zones d’importance particulière pour la biodiversité et ses contributions aux populations) soient conservées grâce à des systèmes d’aires protégées efficaces, équitablement gérés, écologiquement représentatifs et bien connectés (et d’autres mesures de conservation) ;
  • empêcher ou réduire le taux d’introduction et d’établissement d’espèces exotiques envahissantes de 50%, et contrôler ou éradiquer ces espèces pour éliminer ou réduire leurs impacts ;
  • réduire les nutriments perdus dans l’environnement d’au moins la moitié, les pesticides d’au moins deux tiers et éliminer les rejets de déchets plastiques ;
  • utiliser des approches écosystémiques pour contribuer à l’atténuation et à l’adaptation au changement climatique en contribuant au moins 10 gigatonnes de CO² équivalent par an à l’atténuation et veiller à ce que les efforts d’atténuation et d’adaptation évitent les impacts négatifs sur la biodiversité ;
  • rediriger, réaffecter, réformer ou éliminer les incitations nuisibles à la biodiversité de manière juste et équitable, en les réduisant d’au moins 500 milliards de dollars par an ;
  • augmenter les ressources financières de toutes les sources d’au moins 200 milliards de dollars par an et augmenter les flux financiers internationaux vers les pays en développement d’au moins 10 milliards de dollars par an.

Lundi 11 octobre s’est ouverte à Kunming, en Chine, la 15e Convention des Nations unies sur la diversité biologique (CDB). L’objectif : adopter un nouveau cadre international commun pour restaurer et protéger la biodiversité (post-2020 strategy). Plusieurs fois décalé en raison de l’épidémie de Covid-19, le rendez-vous se présente en deux temps : du 11 au 15 octobre 2021, en visioconférence, puis du 25 avril au 8 mai 2022 en présentiel à Kunming (Chine) pour les décisions finales.

Les négociations en cours doivent aboutir à un cadre qui permettra d’ici 2050, avec des jalons en 2030, de « vivre en harmonie avec la nature ».

Le texte propose également que les subventions néfastes pour l’environnement soient réduites d’au moins 500 milliards de dollars par an (selon le FMI, les aides versées aux seules énergies fossiles en 2020 se sont élevées à 5 900 milliards de dollars), et de porter les ressources dédiées à la protection du vivant à au moins 200 milliards de dollars par an.

Comme ceux de l’accord de Paris, ces objectifs ne sont pas obligatoires, même s’ils sont juridiquement contraignants. Les parties signataires s’engagent à les respecter mais aucune sanction ne peut être appliquée si ce n’est pas le cas. 

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Quels résultats ?

Les représentants des pays signataires ont adopté ce mercredi 13 octobre la « déclaration de Kunming » sur la protection de la biodiversité dans le monde. Le texte doit guider les négociations en présentiel qui se tiendront en avril-mai 2022 à Kunming en Chine. Le texte fixe 17 objectifs généraux, comme l’élaboration “de mécanismes appropriés de suivi“, la prise en compte “des valeurs de la biodiversité” dans les politiques ou les réglementations, la reconnaissance du rôle et des droits des peuples autochtones, l’intégration de la biodiversité dans les plans de relance, ou encore le développement des biotechnologies. 

La Chine a annoncé la création d’un fonds de soutien aux pays en développement doté de 230 millions de dollars et a invité d’autres pays à y contribuer. L’Union européenne a elle aussi indiqué doubler les financements extérieurs pour la biodiversité, soit environ 6 milliards d’euros, pour les pays “les plus vulnérables“. Au cours de la réunion, le Fonds pour l’environnement mondial, en partenariat avec les programmes des Nations Unies pour l’environnement et le développement (PNUE et PNUD) s’est aussi engagé à “accélérer le soutien financer et technique” pour se “préparer à une mise en œuvre rapide” de la feuille de route dès son adoption l’année prochaine

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Les actions de Code Animal

Avec notre partenaire World Federation for Animals, Code Animal tente de modifier certains aspects des objectifs en y intégrant notamment la notion de One Health (une seule santé). Nous souhaitons également la prise en compte de la condition animale et des individus animaux dans l’élaboration de la stratégie post 2020.

Lire notre position paper

Alexandra Morette

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Aller plus loin

https://biodiv.mnhn.fr/fr/about/chm

https://www.unep.org/events/conference/un-biodiversity-conference-cop-15

https://www.youtube.com/playlist?list=PLjpSs1uejVAnSVyI86tXZCHxf1WQOzkrY

Creating a Global Biodiversity Framework plan that works: Where we are and where we’re going

Two-step guide for protecting animal welfare in the UN Biodiversity Convention

Sources

https://www.msn.com/fr-fr/actualite/monde/essentielle-et-pourtant-mal-connue-c3-a0-quoi-sert-la-cop15-sur-la-biodiversit-c3-a9/ar-AAPsVPb

https://biodiv.mnhn.fr/fr/cop15-de-la-convention-sur-la-diversite-biologique

PRESS RELEASE   UN Biodiversity Conference’s High-Level Segment sees creation of Kunming Biodiversity Fund, adoption of Kunming Declaration, building political impetus for adoption of ambitious post-2020 global biodiversity framework – 13 octobre 2021

Kunming Declaration – Declaration from the High-Level Segment of the UN Biodiversity Conference 2020 (Part 1) under the theme: “Ecological Civilization: Building a Shared Future for All Life on Earth”