Depuis le 1er janvier 2025, le fichier national d’identification des animaux sauvages captifs est fermé. Une année entière de vide réglementaire, pendant laquelle la porte a été grande ouverte au trafic et au blanchiment d’animaux. Voici ce que vous devez savoir.
À quoi sert ce fichier, et pourquoi son absence est grave
Le fichier I-FAP enregistre, dans une base de données, les animaux non domestiques détenus en captivité en France : tigres, perroquets, serpents venimeux, primates, tortues… Il concerne aussi bien les particuliers que les zoos, refuges ou élevages. Créé en 2017 pour honorer les engagements de la France dans le cadre de la Convention de Washington sur le commerce des espèces menacées, il a un rôle central : assurer la traçabilité de chaque animal, retrouver un propriétaire, détecter les fraudes.
Sans ce fichier, la chaîne de traçabilité, déjà fragile, se rompt complètement.
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Comment en est-on arrivé là ?
Le fichier était géré depuis 2018 par la SAPV, une société liée au syndicat des vétérinaires libéraux. En 2024, la convention entre le prestataire et le Ministère de la Transition Ecologique n’est pas reconduite : charge administrative trop lourde, responsabilité juridique difficile à assumer, modèle économique non viable.
Le ministère a lancé un appel d’offres en novembre 2024, attribué en mai 2025 à la société Scop’It. Depuis, les dates de réouverture s’accumulent et se décalent : printemps 2025, septembre 2025, janvier 2026… Nous sommes en juin 2026, et le fichier est toujours fermé.
Il y a rupture du service public. Depuis plus de dix-huit mois, aucune identification nouvelle ne peut être enregistrée, aucun propriétaire ne peut être retrouvé via le fichier, et aucun contrôle de cohérence n’est possible sur les entrées et sorties d’animaux. Les agents de l’Office français de la biodiversité (OFB) travaillent avec les seuls registres d’élevage, insuffisants pour détecter tous les abus.
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Ce que cette crise révèle
Cette fermeture prolongée est le symptôme d’un problème plus profond : la France a confié un outil régalien de protection de la biodiversité à des opérateurs privés sans garantir sa continuité de service. Quand l’opérateur lâche, c’est la traçabilité de milliers d’animaux sauvages qui disparaît avec lui.
Nous continuerons à suivre ce dossier de près et à vous tenir informés dès que des éléments concrets seront disponibles sur la date et les conditions de réouverture. Si vous constatez des situations suspectes concernant des animaux sauvages captifs dans votre entourage, signalez-les à l’OFB.
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