Une panthère se balade sur les toits en France !

C’est une nouvelle qui a fait le tour des médias en France et à l’étranger. Pour rappel des faits cette panthère avait été récupérée grâce à l’intervention des services de police alors qu’elle déambulait sur les toits d’un immeuble d’Armentières dans les Hauts-de-France début septembre.

Mise à jour du 16/11

Le propriétaire de la panthère d’Armentières aura déjà été condamné pour détention illégale d’animaux sauvages en 2016 ! Selon le journal la Voix du Nord, “il s’agit d’une intervention inédite des sapeurs-pompiers en octobre 2016, toujours à Mons-en-Barœul, dans la rue où habitait sa mère. Comme pour la panthère d’Armentières, l’animal, qui s’était échappé d’un appartement, avait été endormi et conduit dans une clinique vétérinaire. La possession de ce type d’animal étant très réglementée, Nordine Barka (le propriétaire du singe) avait été convoqué devant le juge au TGI de Lille, convocation à laquelle il n’avait pas répondu. Il avait tout de même écopé de trois mois de prison. Son avocat affirme que Nordine Barka n’a jamais reçu la convocation du tribunal.”

Retour sur les faits

L’animal endormi par une flèche hypodermique avait ensuite était transféré et placé en quarantaine au zoo de Maubeuge, en attendant la suite des événements et afin d’y recevoir des soins médicaux.

Contre toute attente, elle y a été volée et demeure introuvable depuis ! Les malfaiteurs ont enfoncé les portes du zoo et de la quarantaine pour s’emparer de l’animal On marche sur la tête en France !

Mardi 1er octobre, le « propriétaire » du félin a été placé en garde à vue après s’être rendu volontairement au commissariat. Après une audition, cet homme est libéré sans aucune poursuite à son encontre pour le moment. Quid de la détention illégale ainsi que de la souffrance engendrée par le dégriffage s’il est avéré ?

Le trafic faunique en France

Wikipédia

Cette nouvelle aura au moins visibilisé le fait que le trafic d’animaux sauvages en France est à tous les coins de rues ou presque. Dans notre pays, il est très facile de se procurer des fauves de manière tout à fait illégale. Code Animal a à ce sujet sensibilisé le cabinet du Ministre de l’Ecologie avec la Fondation 30 Millions d’Amis lors de la présentation d’un rapport commandé par l’ancien Ministre François de Rugy à notre association sur les structures d’accueil de la Faune Sauvage Captive. Des mesures devraient être annoncées dans les prochaines semaines.

Une panthère noire ?

Pour rappel, la panthère noire est en fait un léopard qui a subi une mutation génétique appelée mélanisme qui consiste en un excès de production de la mélanine, un pigment de couleur noire.

Les tâches sont bien présentes mais visibles sous certains angles de lumière seulement, cette mutation est relativement fréquente, surtout dans le Sud Est de l’Asie et n’a pas de conséquence sur la santé de l’animal.

A l’inverse, la déficience dans ce pigment est responsable de leucisme, comme chez les fameux tigres blancs.

Le léopard est classé à l’Annexe I de la CITES, et classé Vulnérable sur la liste rouge de l’IUCN.

Même né captif, il est aux yeux de la loi française, considéré comme un animal dangereux (Art L 211-11 du Code rural), c’est-à-dire susceptible, compte tenu de ses modalités de garde, de présenter un danger pour les personnes et animaux domestiques, il peut donc potentiellement blesser un humain et /ou occasionner des dégâts matériels.

En France, sa détention est soumise à des règles, inscrites dans l’arrêté du 8 octobre 2018 relatives aux conditions de détention des espèces non domestiques.

Le propriétaire d’un tel animal doit posséder un certificat de capacité et une autorisation d’ouverture d’établissement délivrée par la préfecture.

En outre l’animal doit être identifié par une puce électronique et inscrit au fichier IFAP (Identification de la faune sauvage protégée).

Le Dégriffage c’est quoi ?

D’autre part, il s’avère que cette jeune panthère aurait été dégriffée, acte qui consiste à amputer la dernière phalange du doigt, afin de le rendre moins dangereux. Cet acte est rigoureusement interdit en France et dans la plupart des pays.

Pratiquée chirurgicalement sur les chats pendant des années afin qu’ils n’abiment pas les canapés de leurs propriétaires, cette pratique est aujourd’hui complètement bannie et considérée comme un acte de cruauté. Mais le dégriffage peut se faire de façon beaucoup plus artisanale grace à un taille-griffes à guillotine. Cette méthode n’offre aucune précision d’exécution et peut endommager les structures environnantes. De plus, un morceau de la phalange peut rester en place et entraîner une repousse de la griffe et une douleur chronique.

C’est vraisemblablement de cette manière que cette panthère a été dégriffée, et sans doute sans aucune analgésie (la diminution ou la suppression de la sensibilité à la douleur dans un but thérapeutique).

À ce jour, le « propriétaire » est donc sous le coup de plusieurs chefs d’accusation, la Fondation 30 Millions d’amis ayant porté plainte et s’étant constituée partie civile :

Absence d’autorisation préfectorale d’ouverture d’établissement pour un animal non domestique, absence de certificat de capacité pour l’espèce concernée, cession non autorisée d’animal d’espèce non domestique, détention d’un animal non domestique d’une espèce protégée sans avoir fait procéder à son identification, sévices graves envers un animal non domestique captif mais aussi mise en danger de la vie d’autrui, la panthère ayant été retrouvée vagabonde sur les toits d’un immeuble.

Cette affaire est d’autant plus à suivre de près qu’elle pourrait déboucher sur la découverte d’un vaste trafic d’animaux sauvages d’espèces protégées.

Sources :