Le travail exceptionnel de la Fondation pour la vie sauvage WFFT

Code Animal a cœur de vous présenter un Centre de sauvetage Thaïlandais au travail exceptionnel qui accueille tout au long de l’année des volontaires du monde entier !

La Wildlife Friends Foundation Thailand (WFFT) ou Fondation Thaïlandaise des amis de la vie sauvage est fondé en 2001 par le danois Edwin Wiek, avec l’aide des populations locales de la province de Petchaburi en Thaïlande. À titre d’ONG, la fondation repose exclusivement sur les aides d’autres associations de protection animale et de donateurs privés. Animée par une équipe de salariés composée de locaux Thaïlandais, une grande partie de la main d’œuvre repose toutefois sur les volontaires internationaux, qui aide à entretenir la fondation et prendre soin des animaux blessés ou traumatisés par leur vie en captivité.

Le centre, grand d’une centaine d’hectares, est organisé en 4 départements : le programme éléphants, le programme vie sauvage, le centre de soin vétérinaire et le programme pour la stérilisation des chiens et des chats.

Photo credit : Marion Bigoin

Le travail de sensibilisation auprès des touristes

En Thaïlande, l’industrie du tourisme est un fléau pour le bien-être animal. Balades à dos d’éléphants, spectacles, instants câlins avec des singes ou des tigres, on ne compte plus les possibilités d’interagir avec des animaux sauvages en captivité.

Si certains touristes sont animés de bonnes intentions en pensant participer à un programme de conservation des éléphants ou de sauvetage de petits mammifères, la douloureuse vérité reste que ces animaux sont capturés et soumis dès leur plus jeune âge, parfois drogués, pour se laisser manipuler par les hommes.

La fondation WFFT accueille également des touristes le temps d’une journée. Au cours d’une visite du refuge et après le visionnage d’une vidéo poignante sur la vie des animaux détenus (ci-dessous), elle leur apprend comment éviter de soutenir le commerce illégal et l’exploitation de la vie sauvage en Thaïlande.

L’un des aspects les plus importants pour la conversation de la vie sauvage réside dans l’éducation des communautés locales et la responsabilisation des touristes, qui créent une demande significative pour l’exploitation des animaux…

En savoir plus

Le programme éléphants où comment prendre soin de 23 pensionnaires !

Pour donner une idée de l’insuffisances des programmes de conservation en Thaïlande, le WFFT est le premier à diriger un sanctuaire où les 23 éléphants du programme ne sont jamais enchainés, de jour ou de nuit. La plupart des éléphants secourus ont vécu plusieurs décennies de mauvais traitements et d’exploitation dans des camps d’exploitation forestière. D’autres étaient utilisés pour effectuer des tours à des fins de divertissements, ou pour mendier. Il est d’ailleurs difficile pour les équipes du sanctuaire de percevoir l’étendue de leurs traumatismes. Boon Chuey est par exemple une éléphante traumatisée par la séparation d’avec ses petits, et par plusieurs décennies à travailler dans l’industrie du tourisme ou à ramasser des troncs d’arbres. Elle a désormais un caractère affirmé, se nourrit peu, a le dos déformé, des plaies sur l’arrière de la jambe droite et une blessure au postérieur qui nécessite des soins vétérinaires quotidiens.

Ci-dessus : Photo de Boon Chuey receuillie au WFFT  – Marion Bigoin

Ci-dessous ; Photo d’un éléphant d’Asie au dos sain – www.digimages.info

 

La forêt autour du centre donne aux éléphants secourus une chance d’évoluer dans un espace naturel qui tente de se rapprocher le plus possible de leur habitat sauvage d’origine. L’enclos le plus grand de la fondation, large de 18 hectares, comprend des lacs, des prairies et des zones boisées. Ils ont donc l’occasion de rencontrer des semblables, de forger de profondes amitiés… ou d’en inscrire d’autres sur leur liste d’individus non fréquentables (tout le monde n’est pas social) !

En effet, certains éléphants sont durement impactés par leur vie de soumission à l’homme, et sont désormais agressifs envers les hommes ou leurs congénères, reclus, ou encore atteints de mouvements stéréotypés (pour les éléphants, des mouvement répétitifs, comme des balancements de la tête, du corps ou des membres qui ne s’atténuent pas nécessairement avec l’amélioration de leurs conditions de vie). Certains sont encore lourdement traumatisés, à l’exemple de Pum, une femelle qui a perdu ses trois petits, les 2 premiers ayant été vendus et le dernier ayant décédé à l’âge de 7 ans alors que la fondation avait réussi à rapatrier la mère et le fils dans le refuge. Vous pouvez voir sur la vidéo ses balancements répétés et systématiques du corps et de la tête, à toute heure du jour, lorsqu’elle ne mange ni ne joue.

En savoir plus

Les mahouts

Les mahouts sont responsables des soins quotidiens des éléphants. Cela comprend la nourriture, l’eau, le bain, et le nettoyage, ainsi que l’éducation de comportements auxquels l’éléphant doit se soumettre. Traditionnellement, les mahouts travaillent dans l’industrie touristique en Thaïlande, où les éléphants sont, comme mentionné plus haut, exploités pour des balades, des spectacles ou d’autres attractions. Cependant, à l’instar des salariés du centre de sauvetage, certains mahouts sont impliqués dans des projets de conservation des éléphants et sensibilisent à l’importance de leur préservation. En effet, la relation entre un mahout et son éléphant est très particulière, les mahouts pouvant passer leur vie à travailler avec un même éléphant. Certains déménagent même avec toute leur famille (parfois d’un bout à l’autre de la Thaïlande) pour suivre un éléphant, lorsqu’il est extirpé de l’industrie du tourisme ou du traitement de bois pour être intégré dans un sanctuaire par exemple.

Les mahouts transmettent leur savoir-faire sur les interactions entre les éléphants en captivité et les hommes de génération en génération. C’est une formation issue d’un héritage traditionnel, souvent familial.

Source ; Marion Bigoin

Les volontaires

Debout 5h40 pour une journée qui démarre à 6h30 ! Avant toute chose, il faut préparer le petit déjeuner des éléphants, à savoir d’énormes boules à la banane et à la farine de céréale. Elles sont similaires à nos boules d’énergies vendues dans le commerce… mais en 20 fois plus grosses ! Après le petit-déjeuner, les volontaires passent la matinée à ramasser les excréments des éléphants dans les enclos de jour ou de nuit, puis à faire réaliser le projet quotidien d’entretien (décrassage des déjections de pigeons sur le sol, compost des excréments séchés des éléphants, arrosage des plantes, etc). Après le déjeuner, c’est le temps de fabriquer des jeux grandeurs nature pour occuper les éléphants une bonne partie de la journée, à l’aide troncs de bananiers que l’on remplit de fruits coupés. Puis, vient l’heure du nettoyage des espaces de préparation et le diner ! Les volontaires disposent d’une journée de repos par semaine, durant laquelle ils peuvent visiter la région.

Photo d’une récolte de troncs de bananiers (harvest) avec les mahouts (Source : Marion Bigoin)

Le programme vie sauvage où comment s’occuper de plus de 750 individus, de plus de 50 espèces différentes…

Le WFFT sauve et réhabilite les animaux sauvages captifs et leur fournit des soins dans un environnement sûr et le plus proche possible de leur habitat naturel. Lorsqu’un individu parvient à retrouver une santé mentale et physique lui permettant d’être autonome, il est relâché dans son milieu, et notamment dans les zones forestières au sein desquelles ils sont déjà en danger d’extinction. Elle lance également des campagnes de sensibilisation contre les abus et l’exploitation des animaux sauvages pour le travail ou le divertissement en Thaïlande et lutte contre leur détention par des particuliers.

Le WFFT dispose aussi d’un centre vétérinaire ouvert à tous les animaux domestiques ou sauvages nécessitant des soins.

Code Animal remercie chaleureusement le travail extraordinaire de centre pour le bien-être des animaux sauvages !

N’hésitez pas à consulter leur site internet et leurs campagnes de sauvetage en cours (wfft.org) !