Code Animal à la première session de la commission ministérielle sur le bien-être animal dans les Cirques

Cirque de Rome – Février 201

Commission sur le bien-être des animaux dans les cirques ?

Compte tenu des communiqués publiés par les cirques sur les réseaux sociaux au lendemain de notre première réunion, ainsi que cela de l’Association des Maires de France, Code Animal se trouvait donc dans l’obligation de rectifier quelques points inexacts de leurs publications et d’apporter quelques points de précision, bien que ces échanges n’auraient pas dûs sortir du groupe de travail à des fins de travail constructif dans l’intérêt et l’objet qui nous réunit (la présence des animaux sauvages dans les cirques)et d’un dialogue neutre et apaisé et d’éviter une surenchère .

En juin 2016 – sous Nicolas Hulot-, une commission interministérielle a été mise en place sous la présidence du Préfet Gérard Lemaire afin d’étudier les problèmes rencontrés par les professionnels de la fête foraine et du cirque (accueil, réglementation, relations avec les collectivités locales).

Fin 2018, François de Rugy, Ministre de la Transition Ecologique et Solidaire a décidé de mettre en place un groupe de travail sur la question du bien-être animal dans les cirques au sein de cette commission.

Après une lettre collective faite par les associations de la Protection Animale pour demander de faire partie de cette commission, 12 ONG ont finalement été invitées pour y participer. La première session était ce jeudi 28 mars 2019.

Première session 28/03/2019

La première session de la commission a duré deux heures. Il y avait 12 représentants des cirques, 12 représentants des ONG animalistes, des vétérinaires, des représentants d’élus locaux et les membres du Gouvernement (Ministère de la Culture, de l’Ecologie et de l’Agriculture).

Les tours de parole entre les différents collèges étaient très courts et plutôt bien respectés par la supervision du Préfet Lemaire. Le dialogue a ainsi pu être introduit entre les professionnels du cirque et les représentants des ONG mais pas vraiment développé faute de temps.

Il est cependant à noter que certaines parties des différents collèges, dont Code Animal, ont pu discuter librement après cette commission afin de confronter les points de vue, d’échanger sur certains points et de converger sur certaines problématiques. Discussions que Gérard Lemaire et les représentants du Gouvernement ont apprécié.

Code Animal a pu évoquer, succintement, les problématiques suivantes :

  • Relatives aux élus locaux : installations illégales, adoption de voeux symboliques pour pouvoir faire appliquer le souhait des administrés, fossé entre le Gouvernement et le local par le silence des préfectures.
  • Relatives au manque de contrôles : manque de moyens humains, financiers, matériel des DDPP et ONCFS notamment.
  • Relatives à la volonté de la majorité de la population d’interdire la présence des animaux non domestiques dans les cirques
  • Relatives à l’isolement de la France sur cette question puisqu’une vingtaine de pays en Europe ont déjà pris position
  • Cirque de Rome Février 2019

D’autres ONG comme la SPA ou 30 Millions d’Amis ont pu amener les problématiques de la captivité sur les animaux non domestiques, la baisse de fréquentation du public sous les chapiteaux ou encore notre volonté d’encadrer une transition vers un cirque sans animaux sur une période. Sans pour autant avoir eu le temps de rentrer dans les détails.

En face, on parlait d’amélioration des conditions de détention déjà existante par la réglementation de Mars 2011, l’Ordre affirme que globalement l’arrêté de Mars 2011 satisfait un grand nombre de besoins des animaux qui sont nés en captivité.

Cette position va bien à l’encontre de la déclaration de la Fédération des Vétérinaire d’Europe de 2015 qui dit bien qu’en aucun cas le bien-être des animaux ne pouvait être assuré par les cirques itinérants et qu’il fallait par conséquent que les pays abolissent la présence des animaux non domestiques dans les cirques.

Il n’y avait aucun vétérinaire présent lors de la commission qui remettait en cause la captivité des animaux malgré l’avis majoritairement opposé de notre société. De plus nous nous interrogeons sur un potentiel conflit d’intêret.

Cirque Falck 2018

Concernant la représentation des élus locaux. Parmi les personnes présentes uniquement des élus qui n’ont pas pris position contre la présence des animaux non domestiques. Aucune représentation des maires ayant pris un arrêté municipal (illégal certes) ou un voeu symbolique. Aussi, ce serait les associations qui “harcèleraient” les collectivités pour qu’elles prennent position. Pourtant chez Code Animal, ce sont bien les administrés qui prennent contact avec nous pour avoir des conseils ou demandent directement à leur mairie. Faut-il rappeler que le dialogue entre administrés et élus ne se déroule pas uniquement lors des campagnes électorales mais bel et bien tout au long d’un mandat ?

Force est de constater que cette commission semble partiale en faveur des animaux dans les cirques et que cette non représentativité de certaines parties prenantes contre les cirque avec animaux sauvages ne peut permettre un éclairage objectif, neutre et éclairant pour évaluer dans de telles conditions de détention (cirques et itinérance) etle bien-être des animaux. Il n’y a pourtant qu’à aller voir les fauves d’un cirque pour se rendre compte des stéréotypies déambulatoires dans une cage de quelques mètres carrés pour comprendre que la captivité est une maltraitance en soi.

Nous avons également demandé les sources et certains chiffres précis qui nous attendons afin d’avoir un regard global sur la situation des animaux dans les cirques et leur impact sur la profession circassienne.

Chacun de ces points sont aujourd’hui sans réponse car aucune donnée officielle ne semble exister. Pourtant la commission est en place depuis 2016. La profession circassienne se déroule en parallèle de notre société. Comment alors mieux la contrôler puisqu’elle est inconnue aujourd’hui ?
Accepter une amélioration des conditions de détention sur la base d’une soi-disant charte du bien-être animal ne serait que pure chimère et ne respecterait en aucun cas la volonté générale et ne ferait pas cesser les problématiques actuelles puisque cela ne répond pas aux attentes.

Conclusion de cette première journée

Nous avons amorcer un début de dialogue dans la sérénité avec les professionnels du cirque. Nous déplorons le manque de partialité de la commission bien-être animal notamment par les prises de positions non représentatives des vétérinaires et élus locaux sur cette question. Prochain rendez-vous, dans 1 mois. Code Animal prépare ses arguments et pièces justificatives pour la transition vers un cirque sans animaux !

Lions 2018 Afrique