Les pièges à colle sont des dispositifs utilisés pour capturer des animaux, le plus souvent des rongeurs. Ils consistent en une surface recouverte d’un adhésif très puissant, parfois accompagnée d’un appât pour attirer l’animal.
Lorsqu’un animal marche dessus, il reste immédiatement immobilisé. Incapable de se libérer, il peut rester piégé pendant des heures ou des jours. Cela entraîne une souffrance importante : stress extrême, blessures, déshydratation, voire une mort lente. Dans certains cas, les animaux tentent de s’échapper en se mutilant.
Une souffrance reconnue par le droit
En France, la loi reconnaît que les animaux sont des êtres vivants doués de sensibilité. Leur bien-être doit donc être pris en compte, y compris dans les méthodes utilisées pour les capturer ou les éliminer.
Au niveau européen, il est prévu que les animaux piégés soient rapidement mis à mort pour éviter une souffrance prolongée. Toutefois, cela suppose une surveillance constante des pièges, ce qui est rarement respecté en pratique.
Un danger direct pour les animaux sauvages
Ces pièges créent un préjudice moral et physique important pour les animaux auxquels ils sont destinés (les nommés “nuisibles” ou ESOD) mais également pour beaucoup d’autres animaux sauvages. Autrement dit, ils capturent n’importe quel animal qui entre en contact avec eux.
C’est là que le lien avec la protection des animaux sauvages devient essentiel. De nombreuses espèces sauvages peuvent être victimes de ces pièges de manière accidentelle : oiseaux, petits mammifères ou encore espèces protégées. Par exemple, des rouges-gorges, des hérissons ou des chauves-souris peuvent se retrouver piégés, alors même qu’ils jouent un rôle important dans les écosystèmes.
Ces captures involontaires posent deux problèmes majeurs :
- un problème éthique, lié à la souffrance infligée à des animaux
- un problème écologique, car elles peuvent affecter des populations déjà fragiles et perturber l’équilibre des milieux naturels.
Un enjeu de biodiversité
Les animaux sauvages contribuent au bon fonctionnement des écosystèmes : certains régulent les populations d’insectes, d’autres participent à la dispersion des graines ou à l’équilibre des chaînes alimentaires.
En capturant de manière indiscriminée ces espèces, les pièges à colle vont à l’encontre des politiques de protection de la biodiversité. Ils peuvent notamment nuire à des espèces protégées, ce qui entre en contradiction avec les objectifs de conservation de la faune sauvage en France et en Europe.
Vers une meilleure protection
Face à ces enjeux, plusieurs pays ont déjà interdit ou encadré strictement l’usage de ces pièges. En France, une proposition de loi vise à interdire leur fabrication, leur vente et leur utilisation ! Face à ces enjeux, plusieurs pays ont déjà interdit ou encadré strictement l’usage de ces pièges. En France, une proposition de loi déposée récemment à l’Assemblée nationale, vise à interdire la fabrication, la vente et l’utilisation des pièges à colle, sans distinction entre particuliers ou professionnels. Elle s’appuie sur le Code pénal et le Code civil, qui reconnaît les animaux comme des êtres sensibles, et prévoit des sanctions en cas de non-respect. Le texte cible également tous les dispositifs similaires utilisant de la colle pour capturer des animaux, afin d’éviter tout contournement.
Jonathan Guinée
