Le nombre de NAC est en constante augmentation dans le monde. De nombreuses espèces allant des grands félins, primates, reptiles aux oiseaux sont communément maintenues dans des foyers pour le simple plaisir de leurs propriétaires. Pour ne citer qu’un exemple parlant, il y aurait plus de tigres captifs aux Etats-Unis que de tigres à l’état sauvage dans le monde !

Pourtant, de nombreuses espèces qui rentrent dans la catégorie des NAC, comme les serpents ou les lézards, sont loin d’être des animaux… de compagnie.

  • La plupart des NAC sont des animaux sauvages et peu sociables avec l’homme, qu’ils aient été élevés en captivité ou capturés dans la nature. Leurs besoins sont souvent méconnus, même par les propriétaires les plus attentionnés. De plus, la dangerosité de ces animaux éloignés de leur environnement naturel, pour l’homme mais aussi pour la faune et l’écosystème locaux, est souvent sous-estimée. S’ils peuvent sembler «mignons » quand ils sont jeunes, certains NAC peuvent, à l’âge adulte, développer des comportements imprévisibles voire devenir dangereux ou vecteurs de maladies. Posséder un NAC, c’est emprisonner un animal en le privant de toute liberté et de son environnement naturel pour un simple divertissement.

    Un objet de divertissement

    Certes, certains sont passionnés par leurs NAC et font tout leur possible pour leur fournir les meilleures conditions de vie, mais cette attitude n’en est pas moins égoïste et anthropocentrique puisque l’animal sert avant tout à leur propre divertissement.

    Par ce biais, l’animal devient dépendant de l’homme. Par exemple, un animal privé de sa mère dès le plus jeune âge n’aura pas appris à chasser ou à voler… Il ne pourra donc pas ou difficilement être relâché et survivre dans la nature.

    Et ce d’autant que assurer de bonnes conditions de vie, un bon environnement et une bonne alimentation à des animaux non domestiques, sauvages et exotiques, peut être particulièrement difficile et les propriétaires de NAC peuvent être rapidement confrontés à certaines difficultés. Les vétérinaires des zones urbaines sont principalement formés et équipés (outils et médicaments) pour les chats et les chiens.

    Des informations insuffisantes ou erronées

    La reconstitution du milieu naturel d’un NAC, permettant de satisfaire ses besoins physiologiques et comportementaux, peut s’avérer particulièrement ardue pour les espèces nécessitant de grands espaces, un hivernage, une vie nocturne, de l’eau de mer, une température, une hygrométrie ou une qualité de lumière données.

    De plus apporter l’alimentation adaptée à son NAC peut également s’avérer difficile et onéreux pour les espèces se nourrissant d’insectes variés, de petits mammifères ou de poissons vivants, de fruits ou de plantes bien spécifiques, de nectar…

    Les informations données par certains vendeurs sont parfois insuffisantes et même erronées. Par exemple certains annoncent que le poids maximal d’un cochon nain ne sera que de 20 ou 30 kg alors qu’ils peuvent atteindre plus de 80 kg. Des chiens de prairie, des gerbilles, des octodons ou des rats, par exemple, sont vendus seuls alors qu’ils sont sociaux et vivent en colonie, ce qui entraîne des troubles du comportement tels des démangeaisons et de l’agressivité.

    Jetés après usage

    Dès lors, de nombreux abandons surviennent. L’animal passe un certain nombre d’années en captivité, puis devient encombrant, incontrôlable ou tout simplement le propriétaire s’en lasse. Il est ainsi abandonné sans pouvoir la plupart du temps subvenir à ses besoins car il n’a pas eu l’occasion d’apprendre. Cela revient à les considérer comme des jouets que l’on jette après usage.

    Les NAC font partie d’une mode dont les conséquences sont difficiles à gérer. Ces animaux sont disponibles dans de nombreuses animaleries, chez des éleveurs mais aussi sur internet. Ils proviennent donc d’élevages, de zoos et de cirques (du fait d’une reproduction incontrôlée) mais aussi peuvent être capturés à l’état sauvage. Derrière le commerce légal de ces espèces se développe également un marché noir florissant…

    L’appropriation de la nature et la marchandisation du vivant deviennent ainsi une banalité. Les animaux sauvages, même ceux provenant d’élevages et n’ayant jamais vécu à l’état sauvage, ne sont pas des animaux domestiqués.

  • La captivité met très souvent l’animal dans l’incapacité de se comporter comme à l’état sauvage. Privé de son habitat, il peut développer des comportements pathologiques, dépressifs et même parfois agressifs. Un grand nombre de ces espèces nécessite un régime particulier, des exercices physiques réguliers et une sociabilisation, difficile à reproduire en captivité.

    La plupart de ces animaux supporte donc mal la captivité et nécessite des soins spécifiques à laquelle la majorité des particuliers ne sont pas sensibilisés. Certains ont conscience des risques. Ce n’est pas le cas de tous, et ce d’autant plus que presque n’importe qui peut se procurer des NAC. Nous pouvons citer les caméléons, qui ont des exigences très particulières : ils nécessitent une bonne circulation d’air et s’approvisionnent en eau uniquement par petites gouttes. Très peu de caméléons peuvent boire dans un bol d’eau. Ce sont des animaux fragiles et leur taux de mortalité en captivité est fort.

    Stress de la captivité

    Ainsi, à l’état sauvage, les reptiles ne sont jamais confrontés aux barrières transparentes que représente le vivarium et ils ne s’y habituent que rarement. A la différence des mammifères et des oiseaux, les reptiles ne sont pas élevés par leurs parents, ils sont nés « s’attendant » à une vie sauvage vers laquelle leur espèce a évolué. Le stress qui provient de cette captivité rend leur possession problématique. A l’état sauvage, ils vivent des vies actives et ont notamment besoin de simplement s’étirer. Cela semble compliqué lorsque le vivarium est plus court que le serpent… Les reptiles ne sont pas expressifs comme les chats et les chiens, la plupart sont muets ! Nous n’entendons donc pas des gémissements ou des pleurs pour comprendre leur souffrance, et nous ne voyons pas d’expressions faciales. Leur état d’esprit passe ainsi inaperçu.

    Selon la Humane Society of the US, un énorme pourcentage de reptiles capturés à l’état sauvage meurt dans la première année de captivité à cause du traumatisme psychique et physique durant le transport, ou du fait de l’incapacité des propriétaires à satisfaire leurs besoins vitaux complexes. Par exemple pour de nombreuses espèces leurs immunité, métabolisme et activités dépendent de la bonne température au bon moment. Une telle température doit pouvoir varier et seuls eux savent déterminer au mieux leurs besoins.

    Automutilation et agressivité

    En ce qui concerne les oiseaux, de nombreuses méthodes sont communément employées et sont tacitement acceptées telles que l’enfermement, la solitude qui va de pair avec l’impossibilité pour l’animal de se sociabiliser avec des membres de son espèces, la coupe des ailes, l’alimentation et le sevrage forcés. Des comportements anormaux sont souvent relevés, tels que l’arrachage des plumes, l’automutilation, les mouvements stéréotypés, les hurlements (cris d’alarmes liés au stress), l’agression des propriétaires, etc. Les oiseaux tels que les perroquets peuvent vivre jusqu’à 35-70 ans : ces conditions leurs sont donc imposées pour bien des années…

    Peu de vétérinaires sont formés aux soins des NAC, bien que le nombre de formations en la matière soit en constante augmentation en France. Peu de particuliers vérifient d’ailleurs s’il existe un vétérinaire compétent dans leur région avant l’acquisition de l’animal en question.

  • Le risque zéro n’existe pas. Tout animal peut s’évader ! Cependant, du fait de son passé en captivité, il n’a pas toujours les capacités pour survivre dans un environnement inconnu. L’animal aura donc du mal à survivre seul. Nous privons donc ces espèces à la fois de leur liberté et souvent de toute possibilité de retourner à l’état sauvage.

    Parmi les NAC en France, les espèces venimeuses sont nombreuses. Il y a des risques de morsures et de griffures. Un NAC reste un animal sauvage et par conséquent, potentiellement incontrôlable.

    Venin, agents pathogènes et parasites

    En ce qui concerne les espèces venimeuses, des accidents peuvent survenir. Les centres antipoison enregistrent des records en matière d’envenimation par animaux de compagnie. Du fait du commerce international et de l’hybridation des espèces, les centres antipoison ne possèdent pas toujours l’anti-venin nécessaire. Il est estimé qu’en France, sur 130 espèces venimeuses, il n’y a uniquement entre 30 et 45 espèces pour lesquelles on dispose d’un sérum.

    Un NAC peut véhiculer des agents pathogènes, transmettre des parasites ou infecter l’homme et d’autres espèces animales. Dans un tel commerce, l’origine des animaux peut être difficile à déterminer et les risques de zoonose existent.

    En matière de salmonelle, les bactéries provenant des reptiles sont considérablement différentes de celles trouvées dans les aliments et sont bien plus dangereuses pour les hommes. Vu que les reptiles excrètent régulièrement leurs bactéries, ces dernières se propagent facilement et il n’est pas nécessaire d’avoir touché l’animal pour tomber malade.

    Des dégâts pour la faune locale

    Un animal, tel qu’un crocodile ou un singe, relâché dans la nature ou s’étant échappé, peut constituer un réel danger pour l’homme, tombant nez à nez avec un animal inconnu.

    Un animal relâché dans la nature, soit par accident, soit volontairement par son propriétaire, peut causer de graves dégâts envers la faune locale. Il est susceptible de constituer une espèce « invasive » et de nuire à la faune locale. Ainsi, les tortues de Floride, importées massivement en Europe en tant qu’animaux de compagnie, ont été relâchées dans la nature par des propriétaires dans l’incapacité de s’en occuper. S’étant acclimatées, elles font maintenant partie des espèces invasives en France et ont surpassé en nombre la tortue indigène, détruisant ainsi son habitat. De même, on peut citer l’exemple de l’écureuil de Corée puis de l’écureuil à ventre rouge qui occupent peu à peu la niche écologique de l’écureuil roux.