On estime qu’il y a environ 5 millions de NAC en France, dont 3,5 millions de petits mammifères et 1,4 million d’autres animaux (serpents, tortues, lézards, araignées, etc.). Ils représentent près de 10 % de la population animale.

Les petits mammifères (rongeurs, lapins, etc.) sont des animaux souvent achetés pour les enfants. Mais, bien qu’on les range dans la grande famille des NAC, certains ne méritent pas vraiment ce nom. C’est le cas des 36 millions de poissons – de loin les plus fréquents -, 7 millions d’oiseaux, 600 000 lapins, 500 000 hamsters et 400 000 cochons d’Inde.

  • L’acronyme NAC (pour « nouveaux animaux de compagnie) désigne les animaux de compagnie non conventionnels, comme, par exemple, les serpents, les crocodiles les perroquets ou encore les mygales. Il est apparu dans les années 1980 et a été créé par le vétérinaire lyonnais Michel Bellangeon, interpellé par l’augmentation du nombre de consultations pour ces animaux. En 1988, il fondera le Groupe d’étude des nouveaux animaux de compagnie (Genac).

    Distinction entre espèces domestiques et non domestiques

    Les NAC regroupent des animaux domestiques comme le lapin, le cochon d’inde, la souris, le furet, certaines espèces d’oiseaux et de poissons d’aquarium, mais aussi des espèces non domestiques, c’est-à-dire n’ayant pas subi de modifications par le biais d’une sélection millénaire opérée par l’homme, comme les reptiles, les arachnides, les amphibiens, les singes, les fauves, etc. Cette distinction entre espèces domestiques et espèces non domestiques est importante car elle détermine les conditions d’acquisition et d’élevage de ces animaux.

  • Les NAC proviennent d’origines diverses : certains ont directement été capturés dans la nature, d’autres sont issus d’élevages spécialisés tandis que d’autres encore sont des animaux domestiques dont la destination première a été « détournée », comme les rats de laboratoire ou les lapins de chair.

    Des contraintes sous-évaluées par les particuliers

    Depuis quelques années, acheter un serpent, une mygale, une chauve-souris, un magot ou un perroquet est devenu un phénomène de mode et un commerce très lucratif. Mais de nombreux acquéreurs ne sont pas conscients qu’assurer de bonnes conditions de vie, une alimentation et un environnement adéquats à des animaux non domestiques, sauvages et exotiques, peut se révéler particulièrement ardu. Les contraintes liées à l’élevage d’un ou de plusieurs NAC sont bien souvent sous-évaluées par les propriétaires.

  • La réglementation en matière de NAC est complexe, voire confuse. Pas étonnant vu la grande diversité d’espèces que recouvre cet acronyme ! La détention et le commerce des animaux domestiques sont régulés par 3 niveaux de réglementation :

    • internationale avec notamment la CITES ;
    • européenne ;
    • nationale.

    Pour les espèces non domestiques, selon leur dangerosité, leur statut de protection (espèces menacées ou protégées) ou les risques liés à l’environnement (espèces invasives), leur détention peut nécessiter une autorisation préfectorale – comme certaines tortues terrestres – ou un certificat de capacité pour l’entretien des animaux d’espèces non domestiques, assorti d’une autorisation d’ouverture.

    Ainsi, la détention d’un NAC issu d’une espèce non domestique est encadrée par deux arrêtés du 10 août 2004 :

    • l’arrêté du 10 août 2004 fixant les conditions d’autorisation de détention d’animaux de certaines espèces non domestiques dans les établissements d’élevage, de vente, de location, de transit ou de présentation au public d’animaux d’espèces non domestiques ;
    • l’arrêté du 10 août 2004 fixant les règles générales de fonctionnement des installations d’élevage d’agrément d’animaux d’espèces non domestiques.

    Ces deux arrêtés ont été pris pour préserver les équilibres biologiques des espèces, prévenir les risques écologiques pour la faune et la flore et s’assurer que la détention et l’utilisation de ses espèces soient compatibles avec la sécurité et la santé des personnes. Rappelons-le, les animaux exotiques supportent mal la captivité et bien souvent leurs impératifs biologiques et leurs besoins comportementaux sont ignorés des acheteurs. Ils véhiculent certaines maladies contagieuses pour l’homme et représentent un réel danger s’ils s’échappent.