Il existe 34 delphinariums dans l’Union Européenne,  qui détiennent plus de 250 cétacés de six espèces différentes*. Certains pays, comme la Belgique, la Bulgarie, le Danemark, la Suisse, la Suède et la Finlande, ne compte qu’un établissement de ce type, contre trois en Allemagne, six en Italie et onze en Espagne. 13 Etats-Membres ne possèdent pas de delphinariums et 2 Etats-Membres (Chypre et la Slovénie) interdisent la détention de cétacés à des fins commerciales.

En France, quatre delphinariums sont aujourd’hui en activité (Marineland d’Antibes, parc Astérix, Planète sauvage et Moorea), détenant au total une trentaine de cétacés. 

*Selon l’enquête d’ENDCAP de 2011.

  • Des arguments contestables

    Les delphinariums font montre d’arguments pour justifier une activité très lucrative, en dissimulant au public les souffrances des cétacés en captivité. Ils diffusent des informations erronées ou détournées. Dans cette rubrique, les arguments et informations publiées par l’industrie de la captivité sont repris et corrigés par Code Animal et avec le concours de plusieurs experts, dont deux biologistes spécialisés en mammifères marins.

  • Les cétacés vivent-ils plus longtemps en captivité ?

    Dans Encyclopedia of Marine Mammals de John K. B. Ford, l’un des experts en orques reconnus dans le monde entier, les données scientifiques sur les orques sauvages sont les suivantes.

    Espérance de vie moyenne Longévité maximum
    Orque femelle 50 ans 80-90 ans
    Orque mâle 30 ans 50-60 ans

    La durée maximale de vie est différente de la durée de vie moyenne, bien sûr. Pourtant, ces deux durées sont plus longues que celles de la plupart des orques captives.

    S’il n’est pas pertinent de comparer la longévité maximum avec l’espérance de vie, de nombreux facteurs contribuent à améliorer ou dégrader l’espérance de vie chez les humains, et l’espérance de vie d’un être est affectée selon le pays dans lequel il vit. Il en va de même pour les orques : la vie en captivité présente de nombreux facteurs qui réduisent leur espérance de vie, la rendant plus courte que celle des orques sauvages.

  • Les delphinariums s’opposent-ils à la capture des cétacés ?

    Beaucoup de delphinariums condamnent publiquement les campagnes de captures qui ont lieu notamment en Asie. Pourtant, le fait d’exposer des cétacés en captivité encourage le marché des captures à plusieurs endroits. Car c’est bien d’un marché qu’il s’agit, alimenté par l’industrie des delphinariums, où les orques et les dauphins valent chacun des milliers, voire des centaines de milliers et même des millions d’euros.

    Les cétacés capturés en France

    45 cétacés (dont 8 orques) ont été capturés entre 1968 et 1989 pour alimenter les delphinariums français. Seuls 5 sont encore en vie aujourd’hui:

    • Au parc Astérix: Beauty, capturée dans le Golfe du Mexique et Femke, capturée au large de la Floride
    • Au Marineland d’Antibes: Lotty et Sharky, capturées au large de la Floride et Malou, capturée dans les eaux cubaines.

    La loi du marché

    Aussi longtemps que des entrepreneurs exerçant dans des lieux où les captures sont légales y verront un marché, ils continueront à capturer des cétacés. Car la demande pour les delphinariums, nouveaux ou existants, ne peut tout simplement pas être satisfaite par la reproduction en captivité. Et ces établissements font partie de ce marché, qu’ils capturent ou non ses cétacés.

    Rôle des associations

    D’autre part, si certains parcs aquatiques mettent en avant leur condamnation des campagnes de captures, il ne s’agit pas là d’une prise de conscience soudaine en faveur des animaux. Il aura fallu des années de lobbying et de pression de la part des organisations de protection animale pour arriver à ce résultat. Jusque dans les années 90, beaucoup de delphinariums européens et américains importaient encore des dauphins issus des « drive fisheries » japonais. Et pourtant, c’est seulement en 2015 que la WAZA (World Association of Zoos and Aquariums) a suspendu l’adhésion de la JAZA (Japan Association of Zoos and Aquariums), en raison de leur désaccord avec les pratiques des « drive fisheries ».

     

  • Les delphinariums participent-ils à la protection des espèces ?

    Certains delphinariums se targuent d’être des acteurs de la conservation des espèces. En réalité, les parcs aquatiques investissent une petite partie de leurs recettes dans des programmes de conservation, rarement en rapport avec la protection des cétacés. La conservation d’une espèce ne peut être assurée qu’au travers d’actions dans son milieu naturel et grâce à un investissement de tous les acteurs en relation avec cette espèce. Une orque ou un dauphin né en captivité ne saurait survivre sans les soins de l’homme et ne pourra jamais être « lâché en mer », l’argument de la conservation est donc contestable.

    Des vitrines

    De plus, la participation à des programmes de conservation ainsi que l’éducation et la sensibilisation du public sont des obligations légales imposées par l’arrêté du 25 mars 2004. En réalité, ces programmes de conservation sont des vitrines permettant de se déculpabiliser (et de déculpabiliser le public).

  • Les activités des parcs aquatiques ne sont-elles pas strictement encadrées par la loi ?

    Le fait que l’ouverture et l’exploitation d’un delphinarium soient soumises à législation et que des organismes extérieurs les contrôlent ne sous-entend pas que le bien-être animal soit ni évalué ni contrôlé.

    Des contrôles rares

    Premièrement, la législation française encadre les établissements zoologiques sur des règles d’hygiène et de sécurité mais très peu sur le respect et le bien-être de l’animal. L’arrêté du 25 mars 2004 (en application de la directive européenne 1999/22 CE) stipule que les animaux doivent être placés dans des conditions leur permettant d’exprimer largement leurs aptitudes naturelles. Les animaux doivent également pouvoir se soustraire au public s’ils le souhaitent. Les contrôles sont rares et le respect de paramètres aussi flous est apprécié selon le jugement des agents effectuant les contrôles.

    Des normes insuffisantes

    Il n’y a aucun standard minimum dans la loi française, et aucune norme dans le monde n’a été établie en prenant en considération les études scientifiques. En réalité, le seul document scientifique compilant les meilleures pratiques pour détenir des cétacés en captivité (Laurence Couquiaud, 2005, dans un numéro spécial du magazine de l’EAAM, Aquatic Mammals) est rarement, voire jamais, consulté par l’industrie des delphinariums ou les gouvernements. La plupart des normes, notamment celles en vigueur en France, sont bien en deçà des recommandations de L. Couquiaud, fondées pourtant sur ses recherches.

  • Les delphinariums n’ont-ils pas un rôle pédagogique à jouer en matière de connaissance des cétacés ?

    Les enfants connaissent bien les dinosaures sans en avoir jamais vu un seul ! Aujourd’hui, ils peuvent en apprendre beaucoup plus sur le monde marin à travers des outils tels que le cinéma en 3D, la réalité virtuelle, la robotique, et non en assistant passivement à un spectacle où des animaux dressés font des tours.

    Sans compter que les spectacles mis au point par les delphinariums ne reflètent pas le comportement naturel des animaux et sont construits pour amuser, divertir et épater le public.

  • Qui compose le mouvement anti-captivité ?

    Le cœur du mouvement anti-captivité des cétacés est composé de scientifiques, d’artistes, d’architectes, d’étudiants, d’enfants, et beaucoup d’autres. C’est un mouvement dominant, très bien informé et non violent. Il s’appuie sur des faits établis et les découvertes les plus récentes de la communauté scientifique internationale.

    Le mouvement anti-captivité milite-t-il pour la libération dans les océans des animaux captifs ?

    La plupart des opposants à la captivité des cétacés ne revendiquent pas la libération de tous les cétacés captifs dans la nature. Ils reconnaissent que beaucoup auront besoin que des soigneurs humains s’occupent d’eux jusqu’à la fin de leur vie. Le but aujourd’hui est d’établir des sanctuaires dans les mers.