Les parcs zoologiques en question...

Pour nous "divertir", les millions d'animaux sauvages, dont certains en voie de disparition, passent leur vie sous le contrôle de l'homme. L'alibi pour de tels agissements: la conservation et la pédagogie. Les parcs zoologiques justifient une exploitation qui pourtant se doit d'être questionnée, tant sur la forme, que sur le fond...

Publications

Guide d'instructions pour la détention et le dressage d'animaux sauvages dans les cirques



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"Derrières les paillettes, le stress..."
Un rapport de Code animal sur la condition et le dressage des animaux dans les cirques.



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Le rôle des zoos dans nos sociétés contemporaines

"Devrons-nous rebaptiser les parcs zoologiques pour les appeler Arches de Noé? "

Cette question est posée dans une publication du ZooParc de Beauval, elle illustre bien à quel point les zoos tentent de s'affranchir de toute responsabilité quant au fait de détenir des animaux enfermés pour devenir les chantres d'une sauvegarde des espèces...

Un rôle social ?

Le site Zoonaute considère ce rôle comme "premier rôle des parcs depuis leur création" : la base de divertissement s'effacerait aujourd'hui face à un outil de pédagogie et de détente.
Nous pouvons porter au crédit des zoos cet aspect de "divertissement" et de "détente", si l'on est exempt de toute considération pour l'animal.
Effectivement, les aménagements sont souvent bien conçus, et source d'évasion pour les visiteurs, découvrant à quelques mètres de distance des animaux des 4 coins du monde. Un "exotisme" a portée de main, dans la parfaite lignée de cette soif d'exotisme qui a porté notre civilisation occidentale à coloniser une partie du monde.

rôle pédagogique et culturel ?

Ce rôle est revendiqué comme un faire valoir, comme une justification sur 2 axes :

1/ la découverte des animaux :

Dans un pays dont les enfants sont incapables, pour la plupart, d'identifier la moindre des espèces locales, qu'elles soient volantes, rampantes ou marchantes, cet argument pédagogique est utilisé par les enseignants qui oublient au passage les centaines d'espèces végétales et animales que l'enfant côtoie chaque jour sans même les connaitre.
Il est vrai qu'il n'est pas pareil de voir un animal "en vrai" que de le voir sur vidéo. Mais voir un animal en vrai, c'est le voir dans son écosystème, c'est-à-dire dans son milieu (flore, température, hygrométrie, chaîne alimentaire..), entouré des espèces de ce milieu (proies, prédateurs, espèces commensales...), selon ses rythmes et ses comportements (chasse, hibernation, migration...), ce qui n'est pas le cas dans un zoo.

Par exemple, qu'apprendra l'enfant face à un ours blanc dans une piscine de verre, une fausse banquise en béton, par 30°C à l'ombre, et mangeant de la viande préparée... ?
Et face à un ours brun effectuant ses allers-retours incessants en plein hiver, alors même qu'il devrait être entrain d'hiberner ? ou bien ces grands singes en milieu confiné, derrière des parois de verre sans aucun arbre ? sans parler de l'otarie applaudissant et faisant tourner un ballon...
L'enfant ne verra qu'une image de l'animal, mais une image faussée car dépouillée de son "animalité" et dont les comportements déviants (stéréotypies, par exemple) fausseront d'autant plus sa réelle nature.
De plus, et loin d'être une exception, le mélange et la proximité d'espèces n'ayant pas la même origine géographique perturbe la vision de l'enfant : tigre /lion, ours polaire /manchot, etc.
Certains nous rétorqueront que des panneaux explicatifs éclaircissent tous ces aspects. Comme nous le savons, non seulement ces panneaux sont très peu lus, et ce qui intéressent, et ce qui retiendra l'attention de l'enfant, c'est avant tout ce qu'il verra et ressentira à proximité de l'animal, autant dire une perception erronée.
Par conséquent, loin d'être pédagogiques, ces espaces nous offrent une fausse vision de l'animal, une sorte d'étalage macabre à ciel ouvert. Autant dans ce cas, aller dans des musées zoologiques, regarder des vidéos de l'animal dans son milieu ou bien faire connaissance avec les espèces locales...


2/ la sensibilisation à la conservation des espèces.

Utilisons des animaux "ambassadeurs" afin de sensibiliser à la disparition de leurs cousins sauvages...
Rapelons que si les espèces sont en danger, et disparaissent, c'est avant tout parce que l'homme les a décimées. Le travail de sauvegarde des espèces ne peut se faire qu' in situ. (une espèce dans son espace)
Utiliser à des fins commerciales des animaux et prétendre que cela servira à sensibiliser à la conservation des espèces c'est faire un grand écart quelque peu osé... Imaginons un instant que l'on puisse justifier les zoos humains en enfermant des aborigènes ou des Indiens d'Amazonie afin qu'ils sensibilisent l'Occident à leur disparition... ce serait choquant pour tout le monde. Mais dès lors qu'il s'agit d'animaux, toutes les barrières de notre indignation semblent s'écrouler:
- Les zoos, comme les cirques, ont très largement contribué à la chasse et à l'éradication d'animaux de part le monde.
- Aujourd'hui, encore de par leur essence même, les zoos sont des établissements qui enferment des animaux à des fins mercantiles et de divertissement, les zoos utilisent l'animal, qui n'est dès lors plus qu'un objet de distraction. Ce n'est pas l'animal qui tire profit du zoo, mais le zoo qui tire profit de l'animal.
Dans notre société de consommation, voir un animal, c'est bien souvent vouloir le posséder, aussi combien d'enfants ou d'adolescents disent "je veux le même !" (il suffit de voir les ravages d'un film tel que "Le monde de Némo" pour s'en convaincre). C'est alors développer l'essor de la captivité : perroquets, reptiles ou mammifères en tout genre pour les particuliers.

Un rôle de conservation des espèces ?

Le terme de "conservation" est très présomptueux, l'homme s'arrogeant de ce rôle, alors même qu'il est le plus grand destructeur de la planète. Sans doute devrait-il avant tout se concentrer sur son comportement à l'égard des autres êtres vivants.
La conservation des espèces ne saurait passer par la conservation d'un animal en tant qu'individu. De même, la préservation des animaux en voie de disparition ne saurait se faire au travers de la collection de quelques individus.
L'espèce animale doit être envisagée en tant que population, liée à son biotope dans lequel elle exprime son comportement. De ce fait, envisager une conservation des espèces dans un milieu artificiel, et ce au niveau de quelques individus, ne peut être considéré comme suffisant pour garantir une conservation des espèces. Au mieux, cela représente un bel argument de vente.
Les réintroductions illustrent assez bien cet échec de la conservation.
En effet, selon le International Zoo Year Book, on trouve dans les zoos seulement 120 espèces sur les 5926 espèces inscrites sur la liste des espèces en liste rouge, soit environ 2% des espèces menacées ! Parmi ces 120 espèces, seules 16 ont été remises en liberté (avec plus ou moins de succès). Ce qui représente donc 0,27% des espèces inscrites en liste rouge par l'IUCN !

Des réintroductions:

Quelques espèces ont été réintroduites suite à de longs et coûteux programmes de réintroduction.
Ainsi, le coût estimé de réintroduction du furet à pattes noires s'élève à 400 000 dollars/ animal survivant. Ces programmes ont en général été conduits hors des structures "zoo", pour les raisons évoquées ci-dessus et parce que les animaux ne peuvent être détenus en contact avec les humains.
"Ainsi, le cheval de Przewalski (Equus przewalskii) est sans doute éteint en Sibérie. Les zoos en ont réussi la reproduction et mettent sur pied des programmes de réintroduction dans la nature en Mongolie. Le cerf du Père David (Elaphurus davidianus), l'oryx d'Arabie (Oryx leucoryx) ont été sauvés par l'attention que leur ont portée les parcs. Il resterait encore trop de noms à citer..." (source : les zoos dans le monde). Cette liste est reprise sur d'autres sites tel que celui de Beauval.
On remarquera que cette courte liste n'inclut que des espèces domestiquées ou semi-domestiquées, et souvent herbivores, (on pourrait ainsi y ajouter l'oie Néné d'Hawaï ou le bison d'Europe par exemple).
Le tamarin lions (singe d'Amérique du Sud), une des rares espèces sauvages ayant été réintroduites a connu une très forte mortalité, seuls 30 animaux (sur 100) auraient survécus.
Or, si on lit les publications des zoos, on pourrait croire que des programmes de réintroduction concernent les espèces les plus visibles (tigres, éléphants, grands singes...), il n'en est rien. Moins d'une vingtaine d'espèces (la plupart semi-domestiques) ont été effectivement réintroduites par des structures adjacentes aux zoos (et qui ne sont donc pas les zoos).
Les zoos ne peuvent pas réussir la réintroduction d'espèces sauvages car, comme nous ne le disions, une espèce ne peut être pensée hors de son espace, mais aussi parce que de nombreux comportements résultent d'apprentissages acquis auprès de semblables. Les dérives génétiques rendent alors impossible une intégration des animaux dans des populations intactes.
Dès lors, on est en droit de se poser une question :
Pourquoi d'un côté "exploiter" l'animal, et apporter son soutien à une exploitation par les cirques par exemple, et d'un autre côté, parler de sauvegarde voire même de respect des espèces dans leur milieu ?

Ce prétendu rôle de conservation des espèces est une "carte de visite" pour ces établissements afin de justifier une activité commerciale qui n'est aujourd'hui plus justifiable.
Si l'on veut réellement s'investir pour la sauvegarde des espèces, c'est en le faisant sur le terrain au travers de programmes de réintroduction in situ, de protection des espaces, de mesures contre le braconnage et par un investissement pour une nouvelle considération de l'animal en tant qu'être à part entière et non en tant qu'objet à notre service. Si certains zoos financent des programmes locaux de conservation, ils n'en sont ni les acteurs, ni les commanditaires.

Quelques exemples de captures d'animaux:

- 2007 : Capture d'une centaine de dauphins...
- 1998 : Captures de 30 éléphanteaux au Botswana pour les zoos européens.
- 1996 captures de 38 orangs outangs sauvages.
- Entre 1984 et 1991 : 32 rhinocéros de Sumatra ont été capturés pour les USA (9 sont morts après capture)