Sommes-nous au temps d'un Néron ou d'un César ?

Alors que certains pays comme l'Inde, Singapour, le Costa Rica, la Bolivie,
la Colombie, le Chili, ont interdit les animaux sauvages dans les cirques, en
France nous voyons encore des camions pavoisés aux couleurs vives sillonner nos
routes de campagne trompetant tous azimuts des spectacles de lion, de tigre et
que sais-je encore.

Leurs fêtes sont grandioses, éclatantes. Les flonflons, les barbes à papa, la
musique et les strass vont bon train. Mais derrière, à l'écart des chapiteaux,
la réalité est autre. Savez-vous que dans des cages exiguës des animaux
souffrent. Certains meurent de froid, de faim, du manque de soins comme l'ours
polaire que des gens du cirque exhibaient au soleil un jour d'été dans les rues
d'une ville du sud de la France dans le seul but d'attirer les clients.

Les spectacles animaliers vous font rire ! Tant mieux ! Mais apprenez qu'ils
sont réalisés à force de maltraitance sinon comment obligerait-on un éléphant
qui pèse plus de six cent kilogrammes à s'asseoir sur un tabouret au risque de
se briser l'échine, un tigre à sauter dans un cercle de feu au risque de se
brûler, des singes à monter à vélo au risque de se briser les membres. De toute
évidence par des mois de torture !

Sommes-nous au temps d'un Néron ou d'un César, pour accepter ces
divertissements? Descartes est sa fameuse phrase « je pense donc je suis », est
dépassée et si le législateur français hésite à légiférer sur l'abolition des
animaux sauvages dans les cirques, n'hésitons-plus ! Boycottons ces attractions
débiles et humiliantes pour eux !

« La complainte du lion » rappelle à l'homme combien il est cruel et égoiste.
Les animaux sont aussi dotés d'une âme et comme tout être vivant ils éprouvent
du plaisir mais aussi de la souffrance.
Prenons en conscience ! Soyons enfin des êtres de raison !



La complainte du lion

Je hurle toutes les nuits comme un loup en détresse
Pourquoi suis-je enfermé dans cette cage funeste?

Où es-tu ma douce terre,
Ma tendre et docile maitresse,
Celle qui m'a porté, ma mère?

Mon baobab défiait la sécheresse,
Mes antilopes paissaient dans l'herbe rêche,
Mes phacochères se roulaient dans la glaise.

J'envie, dans le ciel bleu,
les frêles hirondelles.
Alors je vole avec elles
et me saoule de leurs pirouettes.

Mais que vois-je à travers mes barreaux,
des badauds riant à mon désespoir,
Moi, le roi des animaux et fier de l'être?

Approchez ! Je vous dirai ma souffrance,
Dans dix mètres carrés !
Tenez ! Prenez ma place ! Essayez vous verrez !

A quoi je sers dans cette cage funeste?
Pitié ! Laissez-moi repartir !
Dans mon pays, très loin d'ici, en Afrique.

Joelle Delange.