Directives pour la garde et le dressage d'animaux sauvages dans les cirques

PARTIE GENERALE

1.) Considérations générales concernant la garde des animaux sauvages

A. Principes généraux pour la garde des animaux sauvages d'une façon adaptée aux besoins de chaque animal

1. Tout animal gardé dans un cirque disposera d'un enclos intérieur et extérieur, conformément aux besoins de son espèce.

2. Les animaux ne seront gardés que dans des conditions adaptées au comportement, ainsi qu'aux besoins sociaux et biologiques de leurs espèces respectives.

3. Les animaux seront gardés dans des conditions adaptées à leurs exigences biologiques.

4. Un programme de suivis vétérinaire et de mesures de traitement, ainsi qu'un programme nutritionnel, seront présentés.

5. Les animaux seront gardés dans des conditions assurant leur santé et leur sécurité ainsi que celles du personnel et des spectateurs.

6. Des dossiers seront conservés sur le nombre, l'espèce et le sexe des animaux, sur le nombre des naissances et leurs circonstances, sur les nouvelles acquisitions ainsi que sur les décès et leur cause. Ces dossiers pourront être soumis aux autorités sur simple demande.

7. Pour la garde et le dressage des animaux, on emploiera du personnel avec une formation suffisante et adéquate.

8. Les autorités compétentes auront accès à tout moment aux installations de détention des animaux, aux animaux eux-mêmes et aux dossiers qui s'y réfèrent.

9. La garde d'espèces en voie de disparition ne devrait avoir pour but que la préservation des espèces en question, et ce en collaboration avec la recherche et la sensibilisation du public.

B. Principes généraux sur l'accueil et le soin des animaux sauvages

1 . Les animaux ne seront pas provoqués, par exemple pour amuser les spectateurs.

2 . Les animaux seront gardés dans un environnement stimulant, qui offrira suffisamment d'espace de mouvement et qui correspondra à leur modèle comportemental, leurs besoins sociaux et biologiques, leur permettant ainsi d'effectuer les mouvements nécessaires à leur bien-être. Pendant les saisons d'inactivité également, les animaux disposeront de suffisamment de place et d'espace pour le mouvement.

3. Les animaux aux modèles comportementaux très développés seront gardés dans des groupes sans risques de confrontations qui correspondront aux besoins de chaque espèce. Les animaux ne seront isolés que si cela est justifié par des raisons graves.

4. Les enclos et leur équipement seront suffisamment spacieux pour éviter la domination excessive de certains animaux à l'intérieur d'un groupe, ainsi que pour éviter le danger de perpétuels conflits irrésolus entre les membres d'un groupe ou entre les membres de groupes différents (si plusieurs espèces étaient dans le même enclos).

5. Les animaux ne seront gardés dans des enclos adjacents que si cela ne provoque pas de réactions agressives.

6. La température, la ventilation et l'éclairage des enclos seront toujours en accord avec les besoins en confort et en bien être de chaque animal.

7. Le système d'éclairage permettra les vérifications de routine d'hygiène et de santé, ainsi que le nettoyage efficace des enclos. Le spectre des systèmes d'éclairage artificiels sera aussi proche de la lumière du soleil que possible. L'éclairage ne devra en aucun cas irriter les yeux des animaux ou les déranger par sa luminosité.

8. Tout l'équipement (y compris les appareils électriques) sera situé de manière à ne pas mettre en danger les animaux et en même temps de manière à assurer des opérations en douceur et en toute sécurité.

9. Les enclos et les parcs à bétail seront équipés de systèmes de drainages suffisants afin de prévenir la formation de moisissures.

10. Les enclos extérieurs et les parcs à bétail comporteront des abris pouvant protéger les animaux des intempéries ou d'un ensoleillement excessif et seront nécessaires pour assurer le confort et le bien-être des animaux.

11. Les enclos, l'équipement et tous les objets à l'intérieur des enclos seront sans risque et seront situés et entretenus de façon à éviter tout stress ou danger de blessure pour les animaux.

12. Les enclos seront vérifiés régulièrement; tout dégât sera immédiatement réparé.

13. Si la réparation immédiate est possible, les précautions nécessaires seront prises afin de garder les animaux à l'abri de la source de danger.

14. Les enclos ne contiendront pas d'objets susceptibles de blesser les animaux.

15. Les plantes représentant un danger potentiel seront tenues à l'écart des animaux.

16. Une attention particulière sera donnée au nettoyage quotidien des enclos et de l'équipement contenu à l'intérieur.

17. Des produits d'entretien et les ustensiles appropriés pour le nettoyage des enclos seront disponibles à tout moment.

18. Les restes de nourriture, les excréments et autres déchets seront régulièrement enlevés et l'on s'en débarrassera selon les exigences légales.

19. La quantité et la valeur nutritionnelle de la nourriture correspondront aux exigences des espèces et de chaque animal. L'état de santé, la taille et l'âge de chaque animal, ainsi que certains états spéciaux (par exemple les jours ou les périodes de jeûne ou d'hibernation) ou les régimes spéciaux pour certains animaux (par exemple dans le cas d'un traitement vétérinaire ou pour les femelles pleines) seront prises en compte.

20. Pendant le nourrissage et l'abreuvement des animaux, leur comportement naturel et les aspects sociaux seront pris en compte. Si la nourriture ou l'eau sont fournis dans des récipients, ceux ci seront situé de manière à être accessibles à tous les animaux de l'enclos.

21. La nourriture des animaux sera stockée de façon hygiénique. De l'eau de boisson fraîche sera toujours à disposition des animaux.

22. Il sera interdit de fumer à proximité immédiate des animaux, ainsi que lors de la préparation de leur nourriture.

23. Les récipients utilisés pour la nourriture et l'eau de boisson sera toujours propres et seront lavés à fond au moins une fois par jour.

24. Les spectateurs ne seront en aucun cas autorisés à nourrir les animaux.

25. Si l'on découvre qu'un animal souffre d'une maladie contagieuse, tous les aspects relatifs au nettoyage des enclos ainsi que les articles de loi sur le contrôle des maladies animales seront observés.

26. Seules les personnes autorisées et ayant reçu la formation adéquate s'occuperont des animaux. Le soin des animaux ne devra pas entraîner d'affaiblissement physique, de stress ou de dérangement inutile pour les animaux.

 

2.) Définition des expressions "en accord avec les besoins des espèces"
et "en accord avec les besoins de chaque animal"

L'Article 11 de la Loi Viennoise sur la Garde et la Protection Animale uniformise les principes généraux sur la garde des animaux. Toute personne à charge d'un animal a l'obligation de lui fournir la nourriture et le soin correspondant à l'espèce, la sous-espèce et l'âge de l'animal ainsi qu'un accueil en accord avec l'espèce, la sous-espèce et le modèle comportemental de l'animal.

De plus, le besoin de mouvement de l'animal (là encore, différent selon l'espèce, la sous-espèce et l'âge) ne doit pas être restreint de façon permanente ou inutile si cela est susceptible d'occasionner de la douleur, de l'anxiété ou de la souffrance, ou si cela effraye sérieusement l'animal.

Le législateur utilise l'expression "en accord avec les besoins de l'espèce". Les modèles comportementaux en accord avec les besoins de l'espèce incluent toute la palette de comportements de l'animal, dans ce contexte, il s'agit du comportement social, agressif, sexuel, maternel, alimentaire, d'abreuvage, d'élimination des selles et des urines, locomoteur, de repos, de confort, d'exploration et territorial.

La captivité entraîne des restrictions de ces types de comportement spécifiques. La captivité dans les cirques entraîne notamment de très graves restrictions concernant essentiellement le comportement social, sexuel, maternel, locomoteur et territorial des animaux. Même si certains des comportements mentionnés ci dessus n'étaient pas restreints, il faudrait garder à l'esprit qu'un degré tolérable de captivité pour les animaux sauvages ne peut être atteint qu'en habituant les animaux au milieu environnant et en garantissant la permanence de cet environnement en accord avec les modèles comportementaux. Il faut préciser que la particularité des cirques est qu'ils se déplacent fréquemment, ce qui signifie pour l'animal que les voyages constituent la majeure partie de sa vie, pouvant ainsi avoir des conséquences extrêmement néfastes, notamment les suivantes :

  • Le stress, qui peut être cause de peur - selon l'animal - surtout pendant le transport et le déchargement

  • Un environnement en constant changement - le "terrain de chasse" de l'animal

  • Des milieux toujours différents, par exemple au niveau du climat, de la température, des odeurs et de l'environnement

La conséquence logique est la suivante :

La captivité des animaux sauvages dans les cirques est en totale contradiction avec les besoins des diverses espèces à cause des déplacements des cirques !

C'est pourquoi il est peu probable que la présence d'animaux sauvages dans des cirques soit jugée tolérable et admissible à moyen et à long terme.

Afin d'éviter la cruauté envers les animaux, qui est un délit punissable d'après la Loi Autrichienne, au moins les préconisations suivantes relatives à la garde des animaux sauvages doivent être remplies.

En accord avec le Décret Suisse sur la Protection Animale, Article 1, les préconisations de base pour l'obtention d'une captivité des animaux sauvages "en accord avec les besoins de chaque animal" devraient prendre en compte les stipulations suivantes :

  1. Les animaux seront gardés d'une manière telle que leurs fonctions corporelles et leur comportement ne soient pas perturbés, et que leur potentiel d'adaptation ne soit pas surmené.

  2. La nourriture, le soin et l'accueil fournis seront jugés adéquats s'ils correspondent aux besoins de l'animal ainsi qu'ils ont été définis par les dernières découvertes et les expériences en physiologie, éthologie et hygiène. Les animaux ne devraient pas être attachés.

  3. Les entorses aux articles relatifs à la garde des animaux sont admissibles seulement dans les cas particuliers, c'est à dire si elles sont nécessaires afin d'éviter ou de soigner des maladies.

De plus, les paramètres suivants devront être respectés :

  1. Les animaux disposeront d'une quantité adéquate d'eau et de nourriture.

  2. La nourriture des animaux sera d'une nature et d'une composition telle qu'elle leur permettra de satisfaire les besoins de leurs espèces respectives en ce qui concerne les activités liées à la nourriture.

  3. Le lieu de résidence des animaux leur permettra de se mouvoir, de se tenir debout et couché d'une manière adaptée à leur espèce.

L'expression "en accord avec les besoins de chaque animal" est également définie dans l'Amendement de la Loi Allemande sur la Protection Animale" :

Les systèmes de captivité animale peuvent être considérés comme en accord avec les besoins de chaque animal si l'animal en question dispose de tout ce dont il a besoin pour son organisation personnelle et sa préservation, et si il a l'opportunité de se comporter de manière adéquate, prévenant par là toute blessure.

En d'autres termes on peut affirmer qu'un animal est gardé d'une manière en accord avec ses besoins individuels si cet animal peut grandir et se comporter en accord avec les exigences de son espèce (la base de ces considérations étant toujours le type "normal" de l'espèce, c'est à dire un animal en bonne santé). Lors de ce jugement, seules les caractéristiques déjà connues peuvent être prises en compte. C'est pourquoi il est très probable que les standards et les instructions relatifs à la garde des animaux "en accord avec les besoins de chaque animal" soient à l'avenir modifiés à la suite de nouvelles découvertes de la recherche.

Dans tous les cas, les comportements anormaux seront considérés comme des indications d'une forme de captivité en désaccord avec les besoins de chaque animal.


3.) La captivité des animaux et son jugement d'un point de vue éthologique


Introduction

En guise d'introduction, on pourrait dire que des concepts théoriques variés ont déjà été élaborés afin de juger le comportement de l'animal dans différentes formes de captivité. Ces concepts vont de la tentative d'expliquer plusieurs expressions de la vie animale d'un point de vue humain empathique à l'enregistrement scientifique des caractéristiques de comportement définies. De tels concepts sont par exemple la conscience des autres (Bühler 1922, Lorenz 1963), le concept d'analogie (Sambraus 1981/82), la mesurabilité du bien être (Putten 1982), le concept d'indicateur et le comportement animal (Watson 1919, Oppenheim 1982).

Ces concepts varient non seulement en fonction du degré d'objectivation (= rendre objectif) que permettent leurs affirmations, mais aussi selon les questions soulevées les plus importantes.

La question principale des deux premiers concepts mentionnés (la conscience des autres et le concept d'analogie) concerne l'état physique de l'animal. Dans le contexte d'une certaine forme de captivité, la possibilité de satisfaire les besoins de l'animal et d'éviter de lui faire du mal sont analysés en temps utile.

Les études béhavioristes se concentrent déjà sur les liens entre les réactions. Le choix du concept se fait sur la base du degré d'exactitude scientifique demandé et selon le but qui est d'analyser ou non l'état, les besoins et les modèles réactifs de l'animal. Ceci est toutefois une approche très théorique; dans la pratique, on analyse les formes de captivité auxquelles on a à faire, moins selon des concepts théoriques que d'après un savoir pratique.

Ce corps de connaissance est essentiellement basé sur des découvertes scientifiques et des expériences personnelles.

Les émotions telles que la douleur, la souffrance et la peur sont vécues par l'individu et ne peuvent donc pas être directement objectivées. Au lieu de cela, afin de comprendre l'état des animaux, il est impératif d'inférer la situation de l'animal d'un point de départ humain. Beaucoup de correspondances morphologiques, physiologiques et psychologiques entre les animaux et l'homme permettent de supposer une phylogénie (= recherche de filiations possibles entre animaux ou végétaux actuels et fossiles, en vue de la constitution de séries évolutives, de phylums, et de l'établissement d'arbres généalogiques), ce qui nous permettrait d'expliquer des symptômes émotifs analogues. Cependant, il existe également des indicateurs de peur objectivement identifiables qui sont les mêmes chez les animaux et les humains :

Ouverture de la fissure palpébrale (= des paupières) et élargissement des pupilles, accroissement de la fréquence cardiaque, hyperventilation, hérissement, transpiration, tremblements musculaires, possibles claquements de dents, émission de certains sons, sécrétion d'un excrément aqueux et tentatives de fuite incontrôlées, sous l'emprise de la panique.

La précondition essentielle pour un jugement correct de l'état d'un animal réside dans la connaissance de l'espèce en question. Par conséquent, seule une formation en éthologie peut assurer cette connaissance. Les suppositions bien intentionnées et la simple tentative de s'imaginer dans l'état de l'animal ne sont certainement pas suffisantes pour fournir des affirmations approfondies (Dawkins 1982).

Les auteurs sur le sujet (Sambraus 1982) recommandent de juger les émotions vécues par les animaux dans certaines formes de captivité selon le concept d'analogie, en utilisant comme base les probabilités statistiques.

Par conséquent, si l'on suppose que des réactions similaires permettent d'inférer des émotions similaires, cela semblerait indiquer une approche philosophique. Cependant, si l'on suppose que le concept d'analogie réfère à l'homologie au sens biologique (c'est à dire qu'il est dû à une philogénie identique), les objections critiques sont justifiées; on devrait plutôt référer au concept comme à un concept d'homologie.

Critères pour le jugement du bien être ou du mal être des animaux

Si un animal vit dans un degré d'harmonie adéquat avec lui même et son environnement - et surtout si sa capacité d'adaptation n'est pas surmenée (Putten 1982) - il "se sent bien".

Les questions concernant la détermination sont importantes et méritent une attention particulière. Le modèle théorique de la mesurabilité du bien être (Putten 1982) entraîne deux questions à la fois, à savoir, celle de l'état et celle des besoins des animaux.

Les facteurs internes comprennent notamment les cycles, alors que les influences cycliques et écologiques font partie des facteurs externes à considérer. Via les dispositions génétiques, des déclencheurs entraînent la boucle fermée "instinct - motivation - disposition à agir", entraînant ainsi un état qui détermine l'action et dont le résultat est un paramètre mesurable, c'est à dire, l'action.

Si nous ne savons rien de l'état intérieur d'un animal, nous pouvons décrire ses actions observables en tant que somme de facteurs externes, c'est à dire d'une séquence logique du réseau de facteurs internes et externes, qui comprennent la motivation instinctive et la disposition à agir ainsi que les actions correspondantes. Les facteurs externes et les actions peuvent être quantifiés par le biais de méthodes scientifiques.

En général, il est possible d'interpréter les signes de bien être ou de mal être à partir du répertoire comportemental de l'animal. Les animaux expriment le bien être en faisant preuve de modes de comportement correspondant à leur répertoire comportemental. Inversement, cela signifie que le mal être peut être défini comme l'absence de ces éléments de comportement.

De simples programmes pour l'étude notamment de la durée de l'activité (en minutes) pour différentes postures physiques peuvent mener à des résultats convaincants. Par exemple, des activités telles que le léchage, le grignotage, le fait de se nourrir, la toilette personnelle et sociale, le fait de renifler, de marquer le territoire, de regarder, de se coucher, de s'accroupir, de gratter le sol, de creuser un terrier, de voyager, de sauter ou de courir ont été définies et décrites. La juxtaposition des phases de repos et de mouvement permet également de conclure que les animaux éprouvent des sensations de bien être ou de mal être.

Comportement de confort

Chez les mammifères, les actions relatives à l'hygiène (actions relatives au confort) font partie des comportements phylogéniques les plus anciens et sont ainsi très similaires, en particulier pour les familles à l'intérieur du même ordre. Au niveau spécifique à l'espèce, ce comportement peut être utilisé comme paramètre supplémentaire de l'évaluation des éthogrammes; il est cependant important d'exclure toute forme de comportements de détournement et de remplacement.

La captivité des animaux sauvages

Afin de prouver qu'il est tout à fait impossible de garder des animaux sauvages de façon susceptible de satisfaire les besoins de chaque animal, on donnera des exemples démontrant comment toutes les approches pour assurer le bien être des animaux sont complexes et approfondies :

Toute forme de captivité comprend un environnement artificiel avec beaucoup de facteurs individuels qui doivent cependant être coordonnés de façon à remplir les conditions mentionnées ci dessus. En règle générale, garder des animaux sauvages est encore plus difficile que garder des animaux domestiqués.

Les espèces qui ont un grand potentiel d'adaptation sont plus faciles à garder que les espèces qui sont seulement capables d'absorber de légères variations dans l'éventail des facteurs environnementaux abiotiques (= qui ne permet pas l'existence de la vie) et biotiques.

Les paramètres pourraient par exemple inclure la température, l'humidité, mais aussi un spectre de nutrition hautement spécifique.

Aucune forme de captivité ne pourra jamais être une imitation sérieuse d'un certain écosystème. Alors qu'un profane pourrait voir dans les simulations une copie de la nature, les scientifiques sérieux savent que - malgré tous les efforts - les vrais biotopes ne peuvent être reproduits dans des espaces restreints, et ceci du fait qu'en liberté, de nombreuses espèces vivent dans plusieurs environnements différents.

Par conséquent, il ne s'agit pas de se demander dans quelle mesure les équipements pour la captivité des animaux sont visuellement semblables à l'habitat d'origine mais plutôt dans quelle mesure les structures et les stimuli fournis sont semblables à ceux en liberté.

Les modifications des actogrammes et des éthogrammes

Les actogrammes et les éthogrammes peuvent être observés particulièrement clairement dans le contexte des relations à l'intérieur du cycle fonctionnel de la nutrition et des ressources alimentaires ou dans les relations entre le chasseur et la proie et sont fondamentalement modifiés chez les animaux en captivité.

La durée des périodes de repos et de somnolence est relativement constante pour chaque espèce, car contrôlée génétiquement. A titre d'exemple, les espèces dorment aussi longtemps dans leur habitat naturel que dans des systèmes artificiels bien contrôlés. Cependant, les animaux en captivité, qui n'ont donc pas besoin de se procurer eux même leur nourriture, ont tendance à rester tranquilles pendant des périodes plus longues que leur congénères qui vivent dans leur milieu naturels. La façon dont laquelle la nourriture est fournie, le cycle temporel de la nutrition et la quantité de nourriture influencent le potentiel d'activité, qui peut être augmenté avec succès par une mise en place efficace de ces trois facteurs.

Une structuration variée et spécifique à l'espèce des systèmes de captivité est une condition préalable pour la réussite de volumes d'activité typiques de l'espèce en question.

La privation comportementale

En général, les systèmes de captivité ont tendance à mener à des privations de stimuli.

Au vu du manque de stimuli offerts par de nombreuses formes de captivité, on peut observer que les éthogrammes de tels animaux comprennent nettement moins d'éléments individuels que ceux des animaux qui vivent dans leur habitat naturel. Les éthogrammes d'animaux mal gardés sont bouleversés, ou encore diffèrent de ceux de leurs congénères dans la structure de leurs éléments comportementaux individuels, à la fois au sens qualitatif et au sens quantitatif. Les conséquences significatives pour la protection animale sont l'apathie physique et l'inappétence (= envie de rien) psychologique, accompagnées de défaillances dans le comportement et même de névroses, chez des animaux contraints de vivre dans une routine quotidienne non épanouissante. Ceci ne peut et ne doit pas être le but de toute forme de captivité (et cela s'applique aussi aux animaux domestiqués). C'est pourquoi au moins quelques zoos ont commencé, ces dernières années, à développer et à mettre en place des programmes spéciaux et des projets dans le but d'enrichir les stimuli offerts aux animaux en captivité.

Les stimuli peuvent être générés de différentes façons :

1. Quantité et qualité de la nourriture offerte

2. Structure, équipement et fourniture des enclos des animaux

3. Interaction interspécifique, c'est-à-dire, des groupes sociaux vivant ensemble en familles ou en groupes

4. Interaction intraspécifique, c'est- à-dire, des possibilités de contact et des communautés

5. Interaction entre les gardiens et les animaux (y compris les groupes)

6. Dans certains cas seulement : interaction entre visiteurs et animaux (uniquement des espèces domestiquées)

Potentiel d'adaptation

A travers l'histoire de notre planète, la survivance des espèces animales a toujours été fortement dépendante de leur potentiel d'adaptation (bas degré de spécialisation), car les conditions de vie en liberté (le climat, la nourriture, les ennemis naturels, l'abri...) étaient en constant changement. Aujourd'hui, les mêmes espèces animales vivent dans les habitats les plus divers.

Des formes efficaces de captivité imitent les structures extérieures d'abord par rapport à leurs fonctions pour l'animal et seulement de façon secondaire par rapport à leur aspect pour les humains; de tels systèmes ne doivent jamais surmener le potentiel d'adaptation des animaux.

Paramètres permettant de juger la qualité des systèmes de captivité:

  1. Le statut d'immunité: de fréquentes maladies infectieuses des animaux en captivité sont à cours sûr signe de conditions de vie inadaptées. Ceci ne doit cependant pas être mal interprété. Il est certainement possible de prévenir les maladies infectieuses des animaux sauvages si ceux ci vivent dans des enclos au sol en béton avec un soin vétérinaire préventif. Mais bien que la prémunition (l'immunité aux infections) des maladies parasitaires devrait bien sûr être un objectif, un enclos conçu d'une manière à être aussi proche que possible des structures naturelles d'une part et la possibilité de mettre en place des mesures d'hygiène d'autre part ne devraient pas s'exclure mutuellement.

  2. Une condition physique optimale: ceci fait référence à l'apparence extérieure typique d'un animal; on essaye de mesurer sa condition physique optimale. Cependant, à titre d'exemple, il est incontestable qu'un gnou en captivité depuis plusieurs années présentera une apparence extérieure différente de celle d'un congénère vivant dans leur milieu naturel en Afrique et étant constamment en mouvement pour chercher de la nourriture ou échapper à ses ennemis.

  3. Une espérance de vie prolongée: ce paramètre est sujet aux controverses car l'espérance de vie prolongée pour les animaux en captivité est essentiellement due à des paramètres artificiels (notamment l'absence d'ennemis naturels, le soin vétérinaire...).

  4. Un taux de reproduction élevé: dans tous les cas, le système de captivité doit permettre aux animaux de se reproduire et d'élever leurs petits dans la structure maternelle ou familiale formée à cet effet. L'élevage de jeunes animaux par les humains ne contribue quasiment jamais à une forme de captivité en accord avec les besoins des espèces. Dans le cas des espèces animales très développées, cela pourrait mener à une absence d'éléments de comportement qui sont particulièrement frappants dans leur comportement social. De plus, il convient de se rappeler que l'élevage des jeunes animaux par l'homme n'est souvent pas fait d'une manière techniquement correcte.

Afin de pouvoir utiliser ces paramètres, au moins dans une certaine mesure, comme des indicateurs de la qualité d'un système de captivité, ils doivent être évalués, non pas individuellement et séparément, mais dans leur ensemble.

 

4.) Les dresseurs et les gardiens d'animaux


Le soin ou le travail avec les animaux - et en particulier avec les animaux sauvages - exige des talents spéciaux pour la partie de l'équipe concernée. Une connaissance de base des caractéristiques et des styles des vie de ceux qui sont à leur charge, les valeurs pragmatiques correspondantes, une expérience pratique ainsi qu'une personnalité fiable de la part des gardiens sont les pierres angulaires d'une manière sérieuse de garder et de soigner les animaux (sauvages). C'est pourquoi les gardiens devraient avoir réussi une formation professionnelle -théorique et pratique - complète.

Heureusement, une tendance vers une plus grande responsabilité envers l'environnement, les animaux et les plantes a commencé à se manifester ces dernières années.

Ce développement se reflète également dans la demande croissante de gardiens qualifiés; aujourd'hui, les vendeurs d'animaux doivent travailler avec un gardien qualifié. En outre, les personnes qui accompagnent les animaux lors des transports doivent également être qualifiées à cet effet (voir Chapitre 8 - Le transport des animaux >> ).

Ces articles de la Loi sur le Transport des Animaux s'applique également au transport des animaux de cirques !

Malheureusement, la loi ne stipule pas encore la présence obligatoire d'un gardien pendant les périodes "stationnaires" des cirques.

Cependant, ceci est un domaine où le soin des animaux de façon permanente, dispensé par au moins un gardien responsable et parfaitement qualifié disposant d'un savoir suffisant en ce qui concerne les besoins biologiques de base des animaux semble être indispensable.

Une preuve de qualification devrait être soumise soit sur la base d'une formation correspondante, soit comme résultat d'une période suffisamment longue de travail pratique, comprenant un examen nécessairement théorique sur le sujet (semblable à la procédure employée pour le cas des vendeurs d'animaux mais aussi pour le autres professions, comme par exemple les conseillers en traitement des déchets, les experts en protection des radiations...).

Dans l'intérêt du bien être des animaux, il est absolument indispensable que les cirques emploient des gardiens qualifiés !

5.) La nourriture

Une alimentation qualitativement équilibrée et adaptée aux besoins des espèces doit également être sauvegardée dans le cas des animaux de cirques. La nourriture doit être d'une composition et doit être fournie de façon à ne pas interférer avec les modèles comportementaux spécifiques aux espèces, et doit également satisfaire le besoin concomittant de l'animal de s'occuper. En règle générale, ne fournir que de la nourriture en granulés n'assure pas une alimentation spécifique à l'espèce. Pour les animaux de cirques également, l'alimentation doit répondre aux besoins des espèces concernées; elle ne doit pas être choisie parce que c'est le produit le moins cher disponible sur le marché. De l'eau de boisson claire et fraîche doit toujours être à disposition.

Les récipients pour la nourriture et les lieux fixes des repas doivent être faciles à nettoyer et doivent être nettoyés régulièrement. Quand on nourrit des groupes d'animaux, il faut s'assurer que les individus d'une position hiérarchique inférieure dans le groupe recevront aussi leur part de nourrituree; il devrait pour cela être possible de cloisonner une partie des enclos. Les visiteurs en doivent en aucun cas être autorisés à nourrir les animaux.

Les auteurs attirent l'attention sur les remarques du paragraphe 1) B.

 

6.) Règles éthologiques de base pour le dressage des animaux

Toute forme de dressage ne peut être effectué qu'en tenant compte des découvertes de la science béhavioriste, c'est à dire l'éthologie appliquée. Tout être vivant fait preuve d'un comportement en accord avec son espèce. Ce comportement spécifique à l'espèce a son origine dans l'évolution. La différentiation entre les espèces dont les membres vivent seuls et celles qui sont grégaires est d'une importance particulière. En outre, il convient de distinguer les carnivores des proies.

A la base, le dressage n'est autre que le déclenchement de réactions spécifiques à l'espèce par le biais de moyens de communication adaptés au comportement naturel de l'animal. C'est pourquoi le seul objectif de toute forme de dressage ne peut être que de montrer des attitudes et des mouvements que font partie de l'éventail des possibilités spécifiques à l'espèce, tout en tenant compte de l'âge de l'animal et du degré de dressage accompli. De plus, le sexe de l'animal, sa santé et sa disposition à travailler, ainsi que, dans le cas des espèces organisées socialement, la position hiérarchique de l'individu doivent être pris en considération lors du dressage.

Des spectacles mettant en scène des carnivores avec leurs proies ne sont en aucun cas admissibles.

Le dresseur doit se mettre dans la position du partenaire social supérieur et essayer de minimiser le comportement de distance de l'animal. Les animaux montrent trois formes de comportement de distance - la fuite, c'est à dire que l'ennemi est évité en le mettant à une grande distance; le fait d'esquiver, c'est à dire que l'être humain ou la créature dont l'animal a peur est évité en le mettant à une distance plus petite; et, si fuir ou esquiver sont impossibles, l'animal attaque. Les animaux destinés à être dressés doivent apprendre à faire confiance à leurs dresseurs afin de minimiser les réactions de distance.

Le langage corporel du dresseur est également décisif pendant le dressage. Les humains peuvent communiquer avec les animaux par leurs attitudes et leurs mouvements. Les principaux moyens de communication utilisés pour déclencher un certain comportement chez l'animal sont des aides telles que les signes accoustiques et visuels, le toucher, le fait de guider l'animal avec une longe ou des rênes, ainsi que les récompenses. Les animaux doivent être aidés d'une manière systématique qui ne leur cause ni douleur, ni peur, ni souffrance. La récompense est un élément central du dressage car elle aide l'animal à comprendre que sa réaction est celle désirée par le dresseur. S'ils n'ont pas reçu de récompense, les animaux comprennent relativement vite qu'ils n'ont pas fait ce que le dresseur attendait d'eux.

Le dressage des animaux au moyen de méthodes occasionnant douleur, peur, souffrance ou tout autre préjudice enfreint les lois de protection animale et il est par conséquent interdit !

On ne peut faire faire aux animaux que des choses que leur nature leur permet de faire. Pour déterminer si certains éléments d'un programme de dressage sont conformes au modèle comportemental d'un animal, la norme et le comportement naturel de l'espèce ainsi qu'ils sont étudiés dans son habitat naturel doivent servir de directives.

Il faut cependant se rappeler que dans les cas particuliers, même un élément du programme de dressage qui est conforme au modèle comportemental de l'animal pourrait transgresser les articles des lois de protection animale à cause de l'état physique ou psychique de l'animal en question !

7.) Les quartiers d'hiver

La plupart des animaux de cirques ont des origines exotiques. Etant donné leurs exigences spéciales concernant la température et le climat, surtout pendant la saison froide, des quartiers d'hiver convenables sont indispensables afin d'assurer que les animaux sont gardés d'une manière correcte.

En général, il convient d'observer ce qui suit:

La Loi Viennoise sur la Protection et la Garde des Animaux et la Loi Viennoise sur le Divertissement Public définissent toutes deux le concept de "cirque" comme un ensemble de "spectacles en grandes parties composés de spectacles d'équitation ou de dressage mais qui peuvent aussi être des spectacles musicaux, d'acrobatie, des numéros sérieux et comiques (numéros de clowns), de pantomine et de danse.

Cette définition affirme clairement que les "spectacles" sont la caractéristique des cirques. Pendant les périodes où l'on ne donne pas de spectacles (en hiver), le cirque ainsi qu'il est défini ci dessus n'existe pas. Les articles exceptionnels concernant l'interdiction de la garde des animaux sauvages dans les cirques (Article 15 paragraphe 3 ligne 5 de la Loi Viennoise sur la Protection et la Garde des Animaux) ne s'appliquent donc pas dans ces cas là. Par conséquent, d'après l'Article 15 paragraphe 4 légalement cité, pour les périodes en dehors de l'emploi du temps des spectacles, les cirques ont besoin d'une autorisation officielle pour la garde des animaux sauvages.

Les critères généraux pour la garde des animaux dans les zoos doivent être utilisés afin de décider si une telle autorisation peut être accordée dans les cas particuliers !

Chaque cirque doit pouvoir prouver, avant le 1er septembre précédant la période d'hiver, qu'il aura accès à des quartiers d'hiver convenables.

 

8.) Le transport des animaux

Le 1er janvier 1995, la Loi sur le Transport des Animaux par Voie Routière (TTGSt) fut mise en apllication. Selon son Article 1 paragraphe 1 ligne 6, elle s'applique également au transport des animaux de cirques et contient des articles relativement stricts en ce qui concerne la mise en place des transports, le choix des moyens de transport et les soins dispensés aux animaux pendant le voyage.

A titre d'exemple, la personne autorisée à prendre soin des animaux devra à tout moment être disponible pendant le voyage. Ce gardien fournira également aux animaux de l'eau et de la nourriture aux intervalles réguliers exigés. Afin de prouver sa qualification, cette personne disposera d'un certificat délivré par l'autorité administrative de la région/département/district ( à Vienne: Département municipal n?60 - Bureau Vétérinaire), qui devra être emmené lors du voyage et soumis aux autorités compétentes sur demande !

De plus, il convient de garder à l'esprit qu'un certificat de transport doit être présenté pour tout transport, soit par la personne à charge de l'animal ou des animaux, soit par le vétérinaire attitré; ce document doit également être emmené lors du voyage. Il contiendra des informations sur l'espèce et l'origine des animaux ainsi que le nom et l'adresse de la personne autorisée à en disposer.

En plus de ces dispositions générales de la Loi sur le Transport des Animaux, il ne doit pas être oublié que tout transport occasionne beaucoup plus de stress aux espèces animales sauvages qu'aux espèces domestiques. On ne fermera en aucun cas les yeux sur l'administration régulière d'un sédatif aux animaux pendant le voyage (voir la partie générale, paragraphe 2: définition de l'expression "en accord avec les besoins de l'espèce" et "en accord avec les besoins de chaque animal").

Chez certaines espèces, de fréquents transports occasionnent un degré d'anxiété si prononcé qu'ils méritent d'être classés comme cruauté envers les animaux: d'après l'Article 5, ligne 9 de la Loi Viennoise sur la Protection et la Garde des Animaux, ils sont donc interdits.

Les auteurs attirent l'attention sur les remarques du paragraphe 2).