> Retour Bibilothèque musicale

Berger d'artiste (Herbert Pagani) :

C'était une de ces nuits signées cafard
Mon insomnie me jouait du saxophone
J'étais dans le tunnel du désespoir
Et j'ai fait comme tous ces gens qui n'ont personne...

C'était un de ces matins signées brouillard
Les arbres lâchaient leurs tracts au vent d'automne
Dix bornes d'autoroute, un petit square
Et je vois la maison décrite au téléphone

Brique rouge et grille noire
Un sapin agonisant
Je m'arrête, je descend
Je sonne

Faut avoir fait des années dans les camps
Ou avoir connu l'assistance publique
Faut être sourd ou alors être flic
Pour pas creuver quand on les entend...

Ils étaient mille écument dans leur cage
L'amour aux yeux et la haine dans la voix
Chacun gueulait dans sa langue sauvage
Emporte-moi, emporte-moi, emporte-moi !

Herbert Pagani

(Dialogue)
(Arrivée du chien)
(Grille qui claque)

Et nous voilà tous deux dans le brouillard
T'es sale comme un bagnard qu'on déprisonne
Mais t'as du chocolat plein le regard
Et soudain mon cafard s'envole au vent d'automne....

Au premier feu vert tu me poses une patte sur le bras
T'as le sens du rythme quand moi je klaxonne tu aboies
Aboyeur de charme nous sommes deux cabots on s'entendra
Le bonheur ça coûte moins qu'une place à l'Olympia...

Tes forêts sont les décors de mes Télés
Tes troupeaux sont des troupeaux de machinistes
Et tu me suis partout dans mes tournées
T'es vraiment mon berger à moi, Berger d'Artiste

Depuis trois ans on ne s'est jamais quitté
Je t'ai même acheté une femelle
Tu lui préfères l'odeur de mes semelles
Moi c'est ça que j'appelle la haute fidélité

Vous qui avez le coeur à nu
Et la vie en courant d'air
Achetez un chien perdu
ça tient chaud et c'est pas cher (ad lib).

(Herbert Pagani - h. Pagani / G. Moraschi) - "Peintures" - 1975