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Vivre ou survivre ?
L'ours, cet animal magique et mythique, se mérite.
Il faut "crapahuter" dur, par tous les temps
et dans n'importe quelle condition pour être
reçu sur son territoire comme des "invités".
Voilà toute notre éthique lorsque nous
partons tous les deux, à la recherche de ces
impression nants plantigrades.
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Depuis maintenant six ans, nous parcourons une partie de
l'année, l'Amérique du Nord (Etats-Unis, Canada,
Alaska) pour étudier et observer la vie et le comportement
des ours en pleine liberté. Ces deux espèces :
ours noirs (Ursus Américanus) et ours bruns (Ursus
Arctos) nous ont permis d'évoluer dans notre travail
et d'en apprendre chaque jour un peu plus sur leurs conditions
de vie, parfois difficiles, mais si réelles en pleine
nature sauvage.
Cependant, nous ne pouvions nous empêcher de penser
aux autres, enfermés dans des cages ou des fosses en
béton, ceux ridiculisés et souffrant dans les
cirques, les ours martyrs dans le monde, bref tous ces pauvres
ours en captivité.
Leur place n'est pas dans ces endroits sordides mais plutôt
dans les immensités présentes dans leur environnement
naturel !
Après chaque expédition , nous étions
de plus en plus convaincus que la captivité pour l'ours
était une aberration totale :
La priorité de l'ours en pleine nature est de lutter
pour VIVRE. Engraisser un maximum pour passer l'hiver n'est
pas le seul leitmotiv d'une journée de l'ours puisqu'il
doit aussi se défendre de ses congénères
mais aussi de son principal prédateur l'homme.
Omnivore avec un régime à 90 % végétarien,
l'ours, en période automnale d'hyperphagie, va absorber
jusqu'à 20 000 calories par jour pour prendre jusqu'à
100 kgs de graisse supplémentaire. Lorsque ces cellules
graisseuses ont atteint une certaine taille, c'est le produit
chimique qu'elles vont dégager qui va provoquer une
somnolence hivernale : l'hibernation. Ce moment magique
dans la vie de l'ours est une fonction naturelle puisque dans
certaines parties du monde, l'hiver trop rude ne lui apporte
plus de nourriture.
Au printemps, les femelles qui ont mis bas dans leur tanière
sont très protectrices avec leurs oursons dont la moitié
ne passeront pas le cap de la première année.
Le manque d'apport de nourriture et les prédateurs
en sont les causes principales.
Entre un an et demi et trois ans (suivant l'espèce),
la mère très attentive, éduque ses oursons
en leur montrant comment se nourrir, chasser, pêcher.
On peut dire qu'elle leur apprend à être de "bons
botanistes" pour qu'ils sachent reconnaître telles
plantes ou telles baies. L'ours peut ainsi identifier jusqu'à
200 espèces de plantes.
Sur son territoire pouvant s'étendre de 25 à
3000 km2, l'ours peut atteindre une pointe de vitesse de 65
km/heure.
Son odorat très développé, lui permet
de sentir un orignal mort à 15 km et un écureuil
terrestre (spermophile) à 200 mètres.
Avec tous ses sens en éveil, l'ours ne peut que vivre
une vie naturelle où la dure loi de la nature existe
avec ces moments de lutte, d'apprentissage mais aussi de répit.
Tout comme dans la vie !
En captivité, rien de tout cela existe et l'ours souffre…
SURVIVRE est peut-être le verbe qui correspondrait
le mieux à l'ours captif.
Les sens inhibés de l'ours vont en faire un animal
annihilé et soumis.
Chaque jour, sa nourriture lui est apportée aux mêmes
heures, en principe, le soir pour le faire rentrer dans sa
cage bien souvent trop exiguë.
Son instinct de prédation est complètement supprimé.
Certains zoos essayent de se déculpabiliser en faisant
des programmes pour "occuper l'ours" par exemple
en cachant sa nourriture.
Dans la plupart des zoos, les ours n'exercent pas leur cycle
d'hibernation, ils sont simplement parfois dans un état
léthargique, du fait d'être constamment nourris.
On a souvent observé, en captivité, la prédation
des femelles ourses qui tuent leurs petits. Auraient-elles
l'intelligence de deviner la pénible existence qu’ils
vont endurer.
Beaucoup d’ours bruns sont parqués dans des
fosses en béton (plus facile d’entretien que
l'herbe et la terre). Ils ne peuvent donc pas se servir de
leurs griffes pour creuser et ainsi la bosse adipeuse de muscles
normalement présente sur leur dos, s'affaisse complètement.
A l'heure actuelle, les zoos veulent paraître "éducatifs"
et les soi-disant "bons zoos" se cachent sous l'aspect
de la conservation. Mais les ours ne pourront jamais être
relâchés en pleine liberté. Quand à
certaines espèces, on ne conserve pas des animaux en
prison !
Bien sûr, on peut nous rétorquer : "Mais
il faut bien conserver les espèces pour nos futurs
petits-enfants !" Mais, quelles explications leur donnera
t-on sur la disparition des ces espèces dans la nature ?
Que nous n'avons pas été capable de sauvegarder
leur environnement et de ne pas détruire leur territoire !
Quelle honte !
Nous avons rencontré, filmé et enregistré
beaucoup de soigneurs de zoos qui nous ont témoigné
leurs rancoeurs sur les conditions des ours, la plupart du
temps, désastreuses.
Les parcs zoologiques sont des entreprises qui doivent impérativement
faire des profits.
Ainsi, ils exhibent des animaux "sortant de l'ordinaire",
notamment des petits oursons souvent séparés
de leur mère à un âge prématuré.
Par déontologie, les parcs zoologiques ont pour mot
d'ordre de ne pas collaborer avec les cirques, notamment avec
les dresseurs d'ours. Pourtant, notre enquête a révélé
que beaucoup " d'anciens" du cirque travaillent
dans les zoos.
Il y a quelques mois, un ourson grizzli d'un an a été
vendu en "dessous de table", par un zoo appartenant
à une très célèbre association
reconnue pour exercer un rôle dans la PROTECTION, à
un dresseur d'ours exerçant dans les cirques français
et européens.
ALORS À QUI SE FIER ?
En France, il existe des "montreurs d'ours" et des
"dresseurs d'ours". Les deux sont condamnables.
Les premiers les montrent simplement au bout d'une corde,
en leur faisant effectuer quelques numéros simples
dans des fêtes médiévales organisées
par les maires de certaines villes et villages. Ils sont rémunérés
avec l'argent des contribuables. Les politiques participent
à ces exhibitions.
Les second, les dresseurs d'ours leur font effectuer des numéros
plus difficiles à exécuter (souvent par privation
de nourriture ou coup de bâton et de toute façon
en ayant des rapports de force).
Même si les montreurs et les dresseurs d'ours crient
haut et fort qu'ils ne maltraitent pas leurs animaux comme
"avant" en leur cassant les dents ou en leur arrachant
les griffes, ce n'est pas une excuse. On oublie trop rapidement
que la place de l'ours n'est pas au bout d'une corde, mais
dans la Nature Sauvage. L'ours est un animal intelligent et
noble, c'est le roi de la forêt, avec une puissance
extraordinaire que l'on peut ressentir uniquement sur le terrain.
Tous ces esclavagistes devraient être parachutés
en pleine nature sans arme, ils n'en mèneraient pas
large !
Nous avons pu observer et filmer un ours grizzli de 4 ans
se suçant la patte avant très fortement, ce
qui est révélateur d'un sevrage prématuré.
Il faut dire que ces "gens là", les dresseurs
d'ours réceptionnent l'animal vers l'âge de 3
MOIS, c'est une honte. Il passe ensuite sa vie dans un camion,
à amuser nos chers bambins !
Dans d'autres parties du monde, les ours sont des animaux
martyrs.
Ainsi, le Vietnam et l'Inde font aussi partie de notre combat,
avec les ours noir à collier (UrsusThibetanus) pour
le Vietnam qui sont confinés dans des cages et exploités
pour leur bile, et les ours lippu (Ursus Melursus Ursinus
) pour l'Inde qui sont capturés dès leur plus
jeune âge dans la nature et utilisés comme ours
dansant (avec le même dressage barbare du 16° siècle).
Nous avons réalisé un film, relatant leurs supplices.
Les personnes qui pratiquent ces métiers d'ours captifs :
zoos, montreurs d'ours ou dresseurs d'ours dans les cirques
osent dire qu'ils respectent leurs animaux.
Le mot "RESPECT" a perdu toute sa signification,
quant à la DIGNITE de l'animal, on n'en parle pas.
Paul Spong, célèbre scientifique spécialisé
sur les orques que l'on a rencontré en Colombie-Britannique
nous a dit :
"ON COMPREND MIEUX LES ANIMAUX EN LES ÉTUDIANT
DANS LEUR MILIEU NATUREL. SI ON VEUT VRAIMENT COMPRENDRE ET
ÉTUDIER LES ANIMAUX ON DOIT ALLER OU ILS VIVENT."
Tout bon naturaliste, scientifique, photographe, cinéaste…
ou simplement passionné de nature doit prendre part
au combat contre la captivité.
Comment ne pas oublier chaque animal photographié en
pleine nature et ainsi le remercier.
En tant que "professionnels de la nature", nous
sommes crédibles, ne collaborons pas avec ces soi-disant
conservateurs des ESPECES qui en oublient totalement L'ANIMAL.
Notre rôle à tous est de prendre parti contre
ces pratiques, de ne pas se boucher les yeux, et de ne plus
aller au zoo ou au cirque avec animaux. Mais malheureusement,
comme nous disait une jeune femme, soigneur dans un zoo :
"Les gens se rendent compte que les animaux sont malheureux
dans les zoos, mais ils y vont quand même !"
Nous avons donc décidé de créer notre
association Protect Bear, afin de construire un sanctuaire
pour les ours maltraités de par le monde, qui aura
pour mission de les recueillir en leur offrant une fin de
vie meilleure. Ce sanctuaire aura aussi un rôle éducatif
en expliquant la vie et la biologie des ours mais aussi en
dénonçant la barbarie humaine.
Actuellement, ce vaste projet demande, bien entendu, de l'aide,
chaque personne peut participer et être acteur par l'intermédiaire
de dons (financiers, matériaux, aide logistique…).
ALLER CRAPAHUTER DANS LA NATURE SAUVAGE EST TOUT DE MÊME
PLUS MOTIVANT QUE D'ALLER VISITER UNE PRISON.
Isabelle & Alain Boyaval
www.faune-explo.com
Article paru dans "la voie du loup"
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